Les effets du changement climatique sont déjà là ! (Documentaire)

Autour de la planète, des populations entières vivent déjà les conséquences du changement climatique au quotidien, comme l’expose le film « Histoires de climat ». Le documentaire, réalisé par neuf élèves issus de l’école d’ingénieur de Grenoble INP – Ense3 à Grenoble (France) nous emmène au Sénégal, au Chili ou encore au Cambodge nous faire découvrir les différents visages des modifications climatiques en cours.


Film-documentaire sur le changement climatique


Le changement climatique n’est plus seulement un ensemble de projections scientifiques concernant des évolutions futures, c’est une réalité de terrain qui a des conséquences immédiates sur nombre de communautés et biotopes. Dans certaines régions du globe, les changements à l’œuvre sont déjà perceptibles à l’échelle humaine, généralement parce qu’il devient plus difficile de s’alimenter et de se loger. Mais une partie de la population peine encore à s’en rendre compte, en bonne partie parce que les sociétés occidentales vivent entourées d’un vernis technologique confortable mais trompeur mais aussi parce que selon la géographie, les changements se font sentir différemment d’un lieu à l’autre. « Histoires de Climat », projet documentaire réalisé par neuf élèves ingénieurs en 2017 pendant une année de césure, nous confronte de manière percutante à ces contrastes mondiaux.

« Des personnes qui en souffrent, des personnes qui en meurent »

En effet, les étudiants à l’origine du projet sont allés au plus proche des populations directement concernées. Repartis en trois groupes, ils ont sillonné le continent américain, africain et asiatique. On découvre un agriculteur marocain qui témoigne de l’avancée du désert sur un espace qui était autrefois une oasis fertile et dont les produits agricoles servaient à nourrir la région. Au Chili, on apprend que les éleveurs ne trouvent plus suffisamment d’eau pour abreuver leurs bêtes. Ailleurs, ce sont les pluies torrentielles et les tempêtes qui menacent les lieux de vie. Constat dramatique à travers le monde : les populations qui participent le moins au dérèglement climatique sont aussi celles qui en subissent le plus violemment les conséquences. Sauf exception, les plus gros émetteurs de CO2 restent toujours relativement épargnés, ce qui alimente paradoxalement une forme de déni de la réalité.

Tom Nico, l’un des membres de l’équipe*, explique : « nous voulions donner la parole aux personnes qui subissent le changement climatique et montrer à travers le film que la question du climat n’est pas seulement d’ordre scientifique, qu’elle a également une dimension humaine ».Aujourd’hui, développe-t-il, il y a « des personnes qui en souffrent, des personnes qui en meurent, des personnes qui sont confrontées à des dégâts irréversibles ». Ce qui l’a le plus marqué pendant son séjour en Asie ? Les dégâts encore visibles du typhon Haiyan (considéré comme le typhon le plus puissant jamais enregistré ayant touché terre), un phénomène qui pourrait pourtant se reproduire selon les climatologues qu’il a rencontrés. En effet, les tempêtes ne sont pas nécessairement plus nombreuses, mais leur puissance évolue de concert avec l’augmentation de la température des océans.

Les populations les plus démunies sont les premières victimes

Comme nous l’avons déjà observé, l’une des principales leçons du film est d’affirmer que les populations les plus vulnérables sont aussi les premières concernées. Sécheresses et baisses des rendements agricoles menacent l’économie locale ainsi que certaines pratiques culturelles et déstabilisent parfois des régions entières du point de vue politique. Le premier réflexe est souvent celui de l’adaptation sur le tas : mais changer les pratiques ainsi que les habitudes alimentaires n’est pas toujours possible au regard de la vitesse à laquelle les conditions climatiques changent et face à l’extrême de certains évènements.

Aujourd’hui, les conditions de vie locales de plus en plus compliquées qui règnent dans certaines régions, ainsi que les catastrophes naturelles de plus en plus puissantes, provoquent d’inévitables mouvements de population. Selon les projections de la Banque Mondiale, le phénomène devrait s’amplifier dans les prochaines années : d’ici 2050, 143 millions de personnes pourraient être contraintes de quitter les zones les plus vulnérables de la planète. L’ensemble du monde est-il prêt à assumer les conséquences de son inconsistance actuelle ? Dans un contexte de repli identitaire à travers toute l’Europe, on peine à imaginer le vieux continent réagissant positivement à un tel afflux d’individus en détresse. La transition apparait ainsi comme une « arme » d’anticipation contre de futurs drames humanitaires évitables.

Le documentaire a été projeté avec l’association E’Voca’Terre à l’occasion de festivals et dans des écoles auprès de publics adolescents afin de sensibiliser à la problématique. Désormais, l’équipe du film a décidé de mettre le documentaire en libre accès sur internet pour le diffuser le plus largement possible et continuer de « pousser à réfléchir ».


 

 

 

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