Récupération de la ferraille : collecte et recyclage


UN SECTEUR INFORMEL

La gestion du secteur de la ferraille est prise en charge principalement par le secteur informel. Or, rester dans l’informel n’est pas une solution lorsque l’on sait que ce secteur a de beaux jours devant lui avec l’explosion des secteurs du bâtiment et celui des travaux publics, sous l’impulsion de nouveaux projets d’envergure en matière d’habitat et d’infrastructures. Dans certains pays, pour rendre sa portée économique et environnementale à l’industrie du recyclage, les chercheurs se sont intéressés à l’impact du travail du fer sur l’évolution de l’environnement, du fait que les métallurgistes et les forgerons utilisent le bois pour fabriquer le charbon nécessaire à la production du fer ou à la transformation de ce métal à la forge.


Forgeron ferronnier de kabrousse --- © avrimedia

Depuis quelques années, le secteur de la récupération connaît un engouement sans précédent. Ceci s’explique par la flambée des cours des métaux, que ce soit le plomb, le bronze, le cuivre ou le fer, en raison de la forte demande des pays émergents asiatiques comme la Chine et l’Inde. Cette situation a entraîné une situation nouvelle pour nos récupérateurs qui ont de plus en plus de difficultés à trouver la ferraille.

Aujourd’hui, tout y passe : pièces de voitures, vieux réfrigérateurs, machines à laver, etc. D’aucuns vont même jusqu’à subtiliser les bouches d’égout sans en mesurer les conséquences sur le réseau d’assainissement des eaux usées et pluviales. La nouvelle tendance à l’exportation du fer porte préjudice au secteur du recyclage de la ferraille sur le plan local du fait de la rareté de la « matière première ». Cette pénurie de matière première risque de mettre en péril l’activité de nos artisans qui, avec le fer de récupération, arrivent à façonner divers produits allant des jouets aux objets d’art en passant par des ustensiles de cuisine. Si l’on n’y prend garde, nous assistons à la disparition d’un «savoir-fer» au lieu de l’assister. Ce savoir-faire, développé depuis des dizaines d’années, d’après un document de l’UNESCO sur l’origine de la métallurgie en Afrique, risque de disparaître de notre patrimoine.


© Romainville
L’ACCOMPAGNEMENT NÉCESSAIRE DE CE SECTEUR

Devant ce constat, ne devrions-nous pas accompagner ce secteur de la ferraille qui a changé de visage depuis quelques années avec pour objectif de garantir un avenir meilleur aux récupérateurs et une continuité dans l’entreprise de recyclage des déchets métalliques ? Outre des séances de sensibilisation, des appuis conseils, sous forme de cycles de formation ou d’animation à l’endroit de tous les acteurs de la ferraille, sont aujourd’hui indispensables.


Récupération de boîte de concentré de tomates. © globecrocoeurs
Cuivre, aluminium… des sacs de tous côtés. © globecrocoeurs
Le métal est fondu pour être récupéré. © globecrocoeurs
PLUSIEURS PROBLÈMES ONT ÉTÉ POSÉS ET AVEC EUX LEURS SOLUTIONS :
  • Les récupérateurs qui, pour la plupart, sans le moindre investissement, s’assurent de la collecte d’importantes quantités de déchets métalliques dans des conditions d’hygiène, de santé et de sécurité très difficiles, gagneraient à être organisés et encadrés pour faire de la récupération une activité noble pouvant attirer les jeunes diplômés.
  • Les transformateurs de la ferraille récupérée devraient, eux, bénéficier d’une aide plus soutenue pour mener leurs activités selon des normes écologiques.
  • Le plus important réside dans leurs conditions de travail qui sont tout simplement inhumaines : niveau de pollution élevé, risque de surdité, température de travail inacceptable, pollution de l’air, inhalation de gaz et déchets toxiques, risque élevé de blessures par des objets tranchants pouvant engendrer le tétanos ou une contamination au VIH Sida.

 

Src: Mag VIE

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