CHANGEMENT CLIMATIQUE : COMMENT PROTÉGER NOS VILLES DES COUPS DE CHALEUR ?


Pour limiter les températures en milieu urbain lors des canicules estivales, il faut réfléchir à cette question dès la conception des aménagements, bâtiments d’habitation ou d’activité, voirie, plans de circulation, etc.  Avec des émissions de gaz à effet de serre qui continuent à augmenter au rythme actuel — ce qui aboutirait à une hausse moyenne des températures de 3,7 °C — l’Indonésie, les Philippines, le nord du Brésil, le Venezuela, le Sri Lanka, le sud de l’Inde, le Nigeria et l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest affronteraient des vagues de chaleur mortelles plus de 300 jours par an d’ici 2100.

L’urbanisation de ces dernières décennies n’a guère tenu compte des variations de températures au sein des cités. Pourtant, dans le même temps, le réchauffement climatique devenait patent et les villes grandissaient au détriment des campagnes. Depuis 2007, plus de la moitié de la population mondiale est urbaine (contre 2 % en 1800).

L’urbanisation réchauffe, et ce de différentes manières. La rareté de la végétation empêche de retenir l’eau et l’humidité est donc plus faible. Les surfaces bétonnées absorbent efficacement l’énergie des rayons solaires. La circulation automobile et les activités industrielles produisent de la chaleur. Etc.

Dans le cas d’une hausse de la température mondiale limitée à 2 °C — un niveau qu’il sera difficile de tenir — les zones touchées seront plus réduites mais des villes comme Djakarta, Lagos, Caracas ou Manille dépasseront le seuil de “chaleur létale” la moitié de l’année, prévoient les chercheurs.


Anticiper l’impact des infrastructures sur le climat de la ville

Il paraît clair aujourd’hui qu’il faut mieux anticiper les conséquences des constructions urbaines sur la circulation de l’air et sur les températures locales. Isolation des bâtiments, aménagements divers, dessins des grandes artères, espaces verts… sont autant de paramètres qui influent sur le microclimat urbain.

Des siècles, voire des millénaires, après la réalisation de villes où les maisons se serraient les unes sur les autres pour conserver la chaleur ou la fraîcheur, notre société moderne doit acquérir un savoir-faire qu’elle a peut-être un peu perdu. Il faut pour cela, d’abord, mesurer et surveiller les variations de chaleur au sein d’une cité. Cette connaissance servira ensuite à adapter les plans d’urbanisation.