Rwanda : la surprenante seconde vie des prothèses européennes


Blessé par une bombe puis amputé pendant le génocide rwandais, César Rwagasana s’engage depuis pour aider les victimes du conflit qui ont perdu un membre. Avec sa compagne, il récupère des prothèses usagées en Belgique et en Europe, celles qui devraient théoriquement finir leur vie à la décharge, pour apporter des soins nécessaires à ceux qui en ont le plus besoin au Rwanda. Nous découvrons son combat dans une courte vidéo de Robin Pogorzelski.

César Rwagasana est un ancien militaire de l’armée du Front patriotique rwandais (FPR). Pendant le conflit lié au génocide au Rwanda (1994), il a perdu une jambe suite à l’explosion d’une bombe. Après son amputation, il se forme en orthopédie et s’engage pour sensibiliser à la situation des personnes handicapées dans son pays. Après une première expérience au cabinet au Rwanda, il suit une formation dans un centre orthopédique au Japon puis dans deux structures spécialisées en Belgique.



Des soins peu accessibles

L’histoire de César Rwagasana est partagée par de nombreuses autres personnes au Rwanda, mutilées pendant le génocide des Tutsis. Selon les statistiques du NCPD (National Council of people with disability), il y a 458.306 personnes à mobilité réduite au Rwanda et parmi les jeunes âgés entre 0 et 17 ans, 85.498 vivent avec un handicap. Si parmi ces personnes, une bonne part a été victime du génocide, on compte également des personnes blessées lors d’accidents de la route, ainsi que des individus qui ont subi une amputation après diverses maladies ou infections, comme le diabète ou la gangrène.



Dans un pays où le taux de pauvreté avoisine les 50 %, de nombreuses personnes rencontrent forcément des difficultés pour accéder à des soins adéquats. « Le problème pour les patients est souvent lié au prix des prothèses et aux ruptures de stock. Il n’y a pas de matériel pour la réalisation des prothèses et il y a aussi le problème de la pauvreté, les personnes des villages n’ont parfois pas les moyens de se payer un bus et pour aller en ville visiter un centre orthopédique », témoigne César Rwagasana. Alors pour payer un spécialiste, n’y pensons pas !


« Afrique en marche », une association qui aide les plus démunis

En récupérant des prothèses usagées, mais encore fonctionnelles avec sa compagne Wendy Olsen, César Rwagasana essaye de redonner un espoir à ces gens. « Nous avons constaté qu’il y a beaucoup de matériel orthopédique en Belgique qui part à la poubelle. Nous avons décidé deprofiter de la chance d’avoir accès à deux continents pour aider les personnes dans le besoin. L’été, on récupère le matériel en Belgique et ensuite on l’utilise ici », explique Wendy Olsen.



Grâce au soutien d’Handicap International et de Action Damien, Afrique en Marche, l’association créée à Kigali afin de mener à bien ce projet, peut prendre en charge gratuitement les prothèses pour les patients les plus démunis. Cependant, pour assurer leur pérennité financière, mais aussi pour aider les personnes victimes d’une amputation à retrouver des activités, César et Wendy développent de nouveaux projets. C’est ainsi qu’ils mettent actuellement en place un centre de formation et des activités annexes génératrices de revenus en lien avec les patients, comme la confection de confitures vendues sur le marché. De cette manière, il espèrent pouvoir continuer à aider les personnes dans le besoin, tout en leur offrant de nouvelles perspectives d’avenir. On leur souhaite tout le courage de monde.



 

 

Src: mrmondialisation.org

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