LE NOMBRE DE CAS DE ROUGEOLE A ATTEINT EN 2019 SON PLUS HAUT NIVEAU DEPUIS 23 ANS


Après des progrès réguliers entre 2010 et 2016, la rougeole a finalement progressé dans le monde en 2019. Cette infection virale a fait plus de 200.000 morts en 2019, a alerté le 12 novembre 2020 l’Organisation mondiale de la santé (OMS).


La lutte contre la rougeole freinée par celle contre le Covid-19

Le nombre de cas de rougeole a atteint son plus haut niveau depuis 23 ans. Les autorités sanitaires ont recensé 869.770 cas dans le monde en 2019 avec une hausse relativement globale. Cette tendance est suivie par une hausse des décès de près de 50% depuis 2016. Les estimations font état de 207.500 décès pour la seule année 2019. Et des flambées épidémiques ont lieu en ce moment même dans différents pays qui ont mis un coup d’arrêt aux campagnes de vaccination pour se concentrer sur l’épidémie de Covid-19.  “Avant qu’il y ait une crise du coronavirus, le monde était en proie à une crise de la rougeole, qui n’a pas disparu, a déclaré Henrietta Fore, directrice générale de l’UNICEF. Bien que la pandémie de Covid-19 pèse très lourdement sur les systèmes de santé, notre combat contre une maladie mortelle ne peut se faire au détriment de notre combat contre une autre“.

Selon Santé publique France, entre 2018 et 2019, 6.000 cas de rougeole ont été rapportés en France. “L’exhaustivité des déclarations obligatoires étant de 50 %, le double de cas a dû survenir. Près de 90 % des personnes atteintes étaient non ou mal vaccinées“, remarque l’agence sanitaire.


Des taux de couverture vaccinale insuffisants

Crédit : John SAEKI / AFP


La hausse du nombre de cas de rougeole s’explique par une vaccination insuffisante

La hausse du nombre de cas de rougeole dans le monde s’explique par une vaccination insuffisante (deux doses, MCV1 et MCV2) des enfants. Pour combattre cette infection virale, il faut que “les taux de couverture de la première et de la deuxième dose du vaccin atteignent 95 % et soient maintenus au niveau national et infranational“, précise l’OMS. Mais les autorités sanitaires n’arrivent pas à imposer ces niveaux. Le taux de couverture de la première dose stagne entre 84% et 85% depuis plus de dix ans. Et le taux de couverture de la seconde dose est de 71%, nombreuses étant les personnes qui reçoivent la première dose mais qui ne vont pas plus loin. Ces niveaux qui sont donc bien insuffisants pour bloquer la progression de cette maladie potentiellement mortelle et hautement contagieuse : une personne infectée peut contaminer à son tour entre 15 et 20 personnes qui sont susceptibles de souffrir de complications sévères (voir infographie ci-dessus).