FAIRE REVIVRE LA CULTURE DU CAFÉ AU ZIMBABWE PAR LE BIAIS DE L’ÉDUCATION


Le chemin séparant le grain de la tasse est un processus complexe. Un ensemble de connaissances est nécessaire pour cultiver ces grains, les récolter, les transformer et les torréfier. Au Zimbabwe, des épisodes de sécheresse sur fond de crise économique ont pratiquement détruit l’industrie du café et une grande partie des connaissances essentielles à sa culture. L’agronome Tafadzwa Nyakuchena participe au Programme Nespresso AAA pour une Qualité Durable™ afin d’aider les agriculteurs à retrouver ces connaissances et leur faire bénéficier de méthodes modernes pour produire des grains exceptionnels et relancer l’industrie du café dans le pays.

Tafadzwa est originaire du village de Samanga, dans le district de Mutasa, situé sur le plateau oriental du Zimbabwe. Ayant grandi dans une ferme, Tafadzwa est familier de bien d’autres cultures, notamment celle des bananes et des suikerboons ou haricots à sucre, mais le café est sa passion. « Le Zimbabwe jouit d’un climat idéal et de bons sols pour la culture du café » explique-t-il. « Les températures fraîches, les fortes précipitations et les vallées luxuriantes du plateau oriental fournissent un environnement riche. » Il travaille pour le Programme Nespresso AAA pour une Qualité Durable™, co-fondé par Nespresso et Technoserve, une organisation internationale à but non lucratif qui lutte contre la pauvreté dans les pays en développement. L’académie fournit des conseils et une formation technique aux producteurs de café zimbabwéens, dans le but de revitaliser le secteur du café jadis florissant du pays et d’améliorer les moyens de subsistance des locaux.

En partageant son expertise technique de la transformation du café avec les agriculteurs, Tafadzwa les aide à produire des grains de la plus haute qualité, vendus à un prix plus élevé qui participe à améliorer la vie des communautés locales. Il travaille avec des planteurs dans cinq quartiers distincts du district de Mutasa, couvrant au total huit groupes d’agriculteurs. Parallèlement à la formation des agriculteurs, il fournit également des conseils pratiques lors des visites de terrain dans les communautés afin d’encourager l’adoption des meilleures pratiques recommandées. Cela a conduit à une nette amélioration des méthodes de culture et à des rendements plus élevés en grains de haute qualité. En collaboration avec les agriculteurs locaux, Tafadzwa a découvert qu’il était en mesure de fournir un soutien indispensable dans plusieurs domaines. « Les agriculteurs plantaient mal leurs arbres, en particulier lors de la préparation des trous – ils n’utilisaient pas les mesures adéquates pour estimer les bonnes largeur et profondeur », explique Tafadzwa. Outre une plantation plus précise, ces agriculteurs utilisent désormais des méthodes de lutte antiparasitaire naturelles et biologiques, analysant avec soin les sols pour déceler les éventuelles carences nutritionnelles et adoptant une meilleure hygiène des cultures en éliminant les cerises gâtées et séchées des caféiers. « Au moment de la récolte, ils savent maintenant quelles cerises il faut récolter, des cerises mûres rouge sang, et ils veillent à ne pas laisser tomber une seule cerise de café à terre », dit-il. Grâce à la formation de l’académie, les agriculteurs ont également appris à dépister les parasites et les maladies présents dans leurs arbres, à trier leur café entre la récolte et le dépulpage (au lieu de mélanger les cerises à différents stades de maturation) et à fournir une ombre suffisante aux caféiers.

L’une des améliorations clés dont Tafadzwa est le promoteur et démonstrateur est la formation à la taille [des caféiers]. Comme pour de nombreuses cultures, les caféiers doivent être élagués régulièrement afin de produire les meilleurs fruits. Au cours des premières années suivant la plantation, les arbres voient pousser de nombreuses branches, se nourrissant des nutriments présents dans le sol pour former ces bois tentaculaires. Lors de la première récolte, un arbre produira beaucoup de baies, mais les rendements ultérieurs seront bien moindres. Par conséquent, les arbres doivent être élagués pour contrôler le nombre de branches, conserver leur résistance et leur forme, et les empêcher de trop pousser, afin que les agriculteurs puissent toujours cueillir les baies facilement.

Dans le cadre du module de l’académie sur l’élagage et la taille de régénération des caféiers, Tafadzwa explique aux agriculteurs comment et quand couper les vieilles branches pour que les caféiers puissent commencer un nouveau cycle. Travaillant sur le terrain dans des parcelles de démonstration, les agronomes indiquent les techniques à suivre aux agriculteurs, puis les répartissent en groupes pour qu’ils puissent les mettre en pratique, tout en leur prodiguant des conseils et en abordant les éventuels problèmes qu’ils pourraient rencontrer. « Nous formons les agriculteurs à couper toutes les branches indésirables et à ouvrir l’arbre pour que la lumière du soleil et l’air circulent librement. Une bonne pénétration de la lumière et une bonne aération donnent naissance à plus de fleurs et éloignent les parasites et les maladies », explique-t-il.

Il en résulte que les caféiers finissent par produire plus de cerises tout en nécessitant moins d’engrais. Plus important encore, des arbres en meilleure santé donnent un meilleur café. « L’un des principaux avantages de la taille est que les jeunes tiges principales sont plus gourmandes en nutriments, ce qui améliore la qualité du café », déclare Tafadzwa. « Le fruit devient plus gros et plus lourd. »

Pendant vingt ans, les caféiculteurs du Zimbabwe ont eu du mal à rentrer dans leurs frais. Désormais, grâce en partie aux efforts de sensibilisation déployés par Nespresso et l’académie, la culture connaît actuellement un réel regain. De plus en plus d’agriculteurs participent aux modules d’apprentissage de l’académie et se préparent à planter du café chaque saison. Tafadzwa espère que de nombreux membres de sa communauté s’impliqueront dans la culture du café, en particulier des jeunes, et beaucoup cherchent déjà à faire appel à ses compétences. « J’assiste actuellement un groupe de 15 jeunes qui m’ont approché pour les former à la culture du café et à la création de pépinières », dit-il.

Bien que complexe, la culture du café attire de nombreux agriculteurs zimbabwéens. Des bénéfices plus élevés et le soutien de partenaires industriels majeurs comme Nespresso permettent aux exploitations de se développer et aux agriculteurs de dégager des revenus plus importants. De plus grands revenus sont synonyme de l’élévation du niveau de vie de la communauté toute entière. Pour Tafadzwa et sa communauté, la croissance de l’industrie du café dans leur pays est la promesse d’un avenir meilleur.


 

 

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