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Bonnes nouvelles ...
 

Village Pilote : Réinsertion durable des enfants de la rue (Sénégal)

20 Fev, 2015
Categorie: Actions
Tag: PHP

 

 

VILLAGE PILOTE, c’est une amitié entre Chérif, Loïc et sa femme Sandrine, soudée par le soutien aux familles défavorisées de la banlieue de Dakar depuis 1994. C’est en 2003 que sont créées les premières « équipes mobiles » de VILLAGE PILOTE, sillonnant les rues des banlieues de Dakar, de jour comme de nuit, à la recherche d’enfants stigmatisés et exclus de la société. Là, des animateurs bénévoles écoutent, conseillent et prodiguent les soins médicaux nécessaires.

Jeune élève-artiste à l’oeuvre - Mag VIE 34

 

Un an plus tard, le centre d’accueil « le Refuge », situé à Pikine, ouvre ses portes aux enfants des rues de 3 à 14 ans environ, l’objectif ultime étant de faire renouer les enfants avec leurs structures familiales et de négocier avec les écoles pour un retour dans le milieu scolaire. Si le Refuge représente une solution efficace à la réinsertion durable des jeunes enfants des rues, l’équipe de VILLAGE PILOTE se rend rapidement compte que la question des adolescents des rues demeure irrésolue, car rares sont ceux qui perdurent dans le milieu scolaire. Il fallait donc un centre offrant aux adolescents des rues un refuge où ils seraient écoutés, conseillés et surtout où ils pourraient bénéficier de formations professionnelles pour une réinsertion durable dans la société. Leur crédo ? « Il n’y a pas de jeune irrécupérable, peu importe leur passé de drogues ou de violences, il faut simplement trouver la clé pour les ouvrir et faire sortir le diamant en chacun d’eux ».

Le « Tremplin », le centre dédié à la réinsertion des jeunes de 15 à 25 ans

VILLAGE PILOTE a donc ouvert un 2nd centre au Lac Rose, appelé « Le Tremplin », pour les garçons des rues âgés de 15 à 25 ans. Parti d’une tente plantée entre 2 dunes et d’une dizaine de jeunes, le Tremplin compte aujourd’hui environ 80 jeunes vivant dans une grande structure écologique, bâtie en terre par les jeunes eux-mêmes. Là encore, l’objectif est de permettre à ces jeunes de renouer avec leurs familles, de retrouver ces structures familiales perdues et si importantes à l’équilibre de chacun. « C’est la famille qui donne aux enfants les bases qui leur permettront de s’inscrire, plus tard, dans des projets de longue durée ». Au Tremplin, le parcours classique d’un jeune est de 2 ans, pendant lesquels le but est de réapprendre à vivre en communauté et à se respecter.

 

Réinsertion sociale par l’apprentissage aux jeux de société - Mag VIE 34

 

L’importance de la participation de la famille dans la réinsertion du jeune

Renouer le contact avec la famille étant le pilier de la réinsertion des jeunes, ce sont les animateurs bénévoles qui traquent des familles parfois perdues depuis 5 ou 10 ans et font office de médiateur. Ainsi, des « journées des parents » ont été instaurées pour que chacun se redécouvre. Ces journées sont souvent pleines d’émotions, car chacun s’exprime, les jeunes, les animateurs et les familles. Symboliquement, les parents et les enfants sont amenés à signer une convention dans laquelle ils s’engagent à une entente commune. D’un côté, la famille s’engage à recevoir l’adolescent pour les fêtes familiales et religieuses (pour lui donner un équilibre) et de l’autre le jeune s’engage à poursuivre sa formation pour plus tard pouvoir subvenir aux besoins de sa famille (ce qui le valorise).

L’écologie, au coeur des préoccupations du centre

L’écologie est également au centre des préoccupations du Tremplin, construit totalement en briques de terre compressée (BTC) et en prenant en compte chaque composante du climat qui les entoure (par des systèmes d’aération naturelle, des puis de lumière etc..). En plein milieu des dunes, il n’y a ni électricité ni eau courante, c’est donc la méthode « DE » (débrouille environnementale) qui s’applique : biodigesteurs pour utiliser le compost et alimenter les gazinières, panneaux solaires, éoliennes, toilettes sèches, réutilisation des eaux de douche et filtrage pour l’arrosage etc. De nombreux projets sont en cours, comme une pisciculture de tilapias, de nouveaux biodigesteurs, la récupération des eaux de lavage avec décantation du savon, la fabrication de leur propre savon bio, la création d’un périmètre maraîcher etc.

 

Jeune futur reporter - Mag VIE 34

 

Comment les aider ?

VILLAGE PILOTE est donc une association qui répond à une urgence sociale par des solutions concrètes, intelligentes et locales. D’ailleurs, l’action du VILLAGE PILOTE ne se limite pas à leurs centres et leurs équipes mobiles, car ils agissent également dans les prisons ou les daaras comme soutien lorsque l’on a besoin d’eux. Face à la menace d’une épidémie EBOLA, l’absence d’hygiène, la promiscuité et l’absence de relai sanitaire font des enfants des rues des victimes de choix. VILLAGE PILOTE a d’ailleurs repris les écoutes mobiles avec des consignes de sécurité et de surveillance médicale strictes, mais manque malheureusement de fonds pour assurer une sensibilisation et une détection de la maladie en toute sécurité pour les bénévoles. Les écoutes mobiles et les centres ont donc besoin de : thermomètres (de préférence qui ne nécessitent pas de contact direct), tenues épaisses de protection (sac à dos lavables, chaussures fermées, chemises manches longues, pantalons), gants, masques, lunettes, gel hydro alcoolique, javel, solution de nettoyage bactéricide pour le nettoyage du matériel de pansement etc.

L’équipe de VIE tient donc à féliciter toutes les personnes qui travaillent parfois dans l’ombre, et qui sont pourtant essentielles au devenir de ces jeunes : il s’agit des bénévoles qui accordent de leur temps au centre, des animateurs, médiateurs et autres volontaires sans lesquels le centre n’aurait pas pu vivre.

Pour toute information, donation ou envoi de matériel, contactez Loïc TREGUY au (+221) 77 637 99 01 ou (+221) 33 820 25 21. Email : info@villagepilote.org ou retrouvez la liste de leurs besoins sur www.villagepilote.org

 

© 2015 VIE | Keyser Sozé -- Sources : Magazine VIE N° 34