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Toilettes publiques ...
 

GENRE ET TOILETTES PUBLIQUES

28 Août 2014
Categorie: Cartons rouges
Tag: PHP

 

 

Il est des sujets qui sont parfois pénibles à soulever tant ils dévoilent l’intimité de personnes ordinaires en qui l’on peut facilement se reconnaître. Mais nous ne saurions non plus nous taire face au calvaire que vivent nos femmes et nos enfants et, également, les handicapés physiques, dans leur utilisation des toilettes, dans les écoles, les entreprises, les administrations, les lieux publics en général, mais aussi en famille. A qui la faute ?

 

Là n’est pas la question ! Cependant, il faudra bien que nous nous attelions, le plus tôt possible, à réinsérer dans nos pratiques quotidiennes, des règles d’hygiène et de salubrité salutaires pour notre environnement, aussi bien scolaire ou universitaire que professionnel ou familial, afin de mettre fin à des préoccupations primaires néfastes à tout développement humain.

Aujourd’hui , les endroits publics, censés recevoir ce qu’un être humain a de plus intime, sont dans un état insoutenable et rares sont ceux ou celles qui daignent s’organiser dans les bureaux afin de travailler dans de meilleures conditions.
Beaucoup préconisent l’abstinence jusqu’au retour à la maison, ne pouvant supporter les mauvaises odeurs et la saleté des lieux, véritables foyers d’incubation de toutes sortes de microbes et de virus. Mais comment se retenir toute une journée alors qu’il est recommandé de vider sa vessie toutes les trois à quatre heures ? Encore que l’estomac ne prévient pas lorsqu’il est question de besoins fécaux, autrement plus capricieux et pressants !
Les femmes au travail vivent ainsi un calvaire quotidien et, pour éviter d’aller aux toilettes, certaines s’abstiennent aussi de boire, ce qui peut provoquer des sensations de gorge sèche, voire, des troubles de l’œsophage.
Le Pr. Fatimata Ly, de l’IHS, estime que la caractéristique majeure dans les toilettes publiques se décline par un défaut d'hygiène notoire. Normal ! Car ceux qui sont responsables de l'entretien des toilettes n'ont en général reçu aucune formation qui les destine à assumer cette fonction. C’est pire lorsque des hommes y sont préposés, puisque n'ayant reçu aucune éducation familiale ou autre pour des travaux ménagers, car il est souvent juste question de donner du travail à quelqu’un.
Il est particulièrement pénible pour les femmes de fréquenter les toilettes publiques : soit on prend quelques minutes pour nettoyer l’endroit, sinon, en cas de besoin impérieux, on évite de s'asseoir sur la chaise des toilettes et on reste en suspension avec le risque de projection de liquide souillé.

Un risque de transmission d'agents infectieux est possible, les condylomes (infections virales dues au HPV* et transmissibles par voie sexuelle) peuvent être transmis de manière indirecte par le siège des toilettes.

Les personnes handicapées demeurent largement invisibles et elles sont souvent oubliées au sein même de nos communautés. Le problème reste et demeure l'inaccessibilité des toilettes et des salles d'eau publiques puisqu’il n’y a, pratiquement nulle part, aucune infrastructures prévues pour ce genre social.
En réalité, nous sommes confrontés à un problème global d’éducation, ce qui est aussi une des raisons de la grande insalubrité qui caractérise la ville de Dakar et toutes les capitales régionales.

Inutile de jeter la pierre sur qui que ce soit. Nous sommes tous concernés, pouvoirs publics comme citoyens ordinaires, que nous en ayons conscience ou non. Parce qu’il est toujours tentant de désigner l’autre, cet autre que nous-mêmes, pour dire de lui qu’il est indiscipliné, comme s’il y avait des règles de discipline édictées et valables pour tout le monde, partout.
Dans l’immédiat, il faudrait insister sur l'éducation collective par des affiches ou des moyens coercitifs tels que des amendes en cas d'utilisation insalubre du bien public.