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La problématique de la désertification dans les pays de la zone saharo-sahélienne

16 Mars 2015
Categorie: Cartons rouges
Tag: PHP

 

 

La désertification affecte directement 1.5 milliards de personnes, particulièrement en Afrique où les deux-tiers du continent sont arides et désertiques. Le nombre croissant de pays et communautés qui continuent de subir les effets négatifs de la désertification et la dégradation des terres est une préoccupation énorme pour les pays affectés et la communauté internationale, en général. L'effet combiné de la dégradation des terres, due aux déboisements, à la surexploitation des forêts, savanes, arbres, pâturages, et de la mauvaise gestion des sols et des ressources en eau, a mis en évidence l'influence de l’activité humaine sur l'environnement. D’où l’hypothèse qu'un tel processus pourrait avoir des conséquences climatiques mondiales

Village près de Banfora, Burkina Faso
© yannarthusbertrand2.org

 

Les populations des pays de la zone saharo-sahélienne (Afrique du Nord et le Sahel), constituées de paysans et d’éleveurs, dépendent essentiellement des biens et services fournis par les forêts et les arbres, les formations arbustives et les pâturages.
Cependant, durant ces dernières décennies, les contraintes liées à la faible disponibilité en eau, aux longues périodes de sécheresse, couplées à la démographie galopante et à la pression du bétail sur ces forêts, ont favorisé le déboisement, la dégradation du couvert végétal et la désertification. A ces contraintes, s’ajoutent celles liées aux mauvaises politiques de gestion des terres, à la mauvaise gouvernance, aux problèmes de propriétés foncières et à la gestion non rationnelle de ces ressources. Dans ce contexte de précarité, la situation des femmes rurales est plus préoccupante car elles représentent la catégorie la plus vulnérable dans les régions arides.
Afin de protéger efficacement et gérer de manière durable les zones arides et ses riches écosystèmes qui sont diversifiés et fragiles, il est nécessaire que les communautés locales soient renforcées pour qu’elles s’engagent dans leur protection et leur développement. Ceci n’est pas une tâche aisée car l’absence de programme intégré de gestion durable des terres et la non adoption de bonnes pratiques en matière de gestion des ressources naturelles ont significativement contribué à la dégradation des terres et des ressources.

 

Village de Kanel matam (Sénégal
© Google earth

 

Les changements climatiques sont également une préoccupation majeure dans la région. La sécheresse combinée avec les changements et variabilités climatiques conduit de façon alarmante à la dégradation des forêts et des terres. Les conséquences immédiates dans les zones arides sont la diminution des activités agricoles, des pâturages, de la production forestière, de la productivité avec comme conséquence la perte de la biodiversité et la diminution de la matière organique et de la fertilité des sols engendrant une augmentation de la pauvreté et de l'insécurité alimentaire.

Lutte contre la dégradation des terres et la désertification en Afrique

Plusieurs projets et programmes de lutte contre la dégradation des terres et la désertification en Afrique sont en cours depuis plus de 30 ans avec des résultats variables. De plus en plus de voix s’élèvent pour demander une approche intégrée dans la lutte contre la dégradation des terres et la désertification en prenant en compte les facteurs de fond tels que les aspects de bonne gouvernance, de droit foncier, des conditions socioéconomiques inappropriées et des pratiques de gestion des forêts et des terres, inadaptées.
Cependant, au début des années 1980, les données satellitaires du couvert végétal ont montré une renaissance environnementale – appelée en son temps "reverdissement". Ces données montrent un développement du couvert végétal et l'amélioration des systèmes de production. Cette renaissance est à l’actif des paysans du Sahel qui ont ingénieusement modifié les méthodes traditionnelles d’agroforesterie ainsi que les pratiques de gestion du sol et de l’eau. Ces paysans ont bénéficié des modifications de la législation foncière leur donnant droit de posséder des terres et des arbres.

 

Ranérou à Matam (Sénégal)
© Google earth

 

Il est donc primordial d’adopter une approche intégrée de gestion des terres. Bien que la régénération naturelle assistée soit une des approches les plus prometteuses dans la réhabilitation et la gestion durable des terres des zones arides, plusieurs autres approches méritent une attention particulière.

Par exemple, les sols latéritiques compacts, ont besoin des techniques permettant de briser leur surface pour augmenter l'infiltration des eaux. Les excavations en demi-lune et le « Zai » sont d’autres mesures efficaces à explorer, pour ne citer que celles-là. Des technologies telles que celle développée dans le cadre du système Vallerani, renforce la mise en œuvre de telles mesures (demi-lunes) à plus grande échelle, en réduisant les conditions pénibles de travail au profit de la main d’œuvre locale. D’autre part, divers types d'agriculture de conservation peuvent être appliqués pour améliorer l'infiltration. Pour faire face au lessivage des sols, les cordons pierreux, les haies vives ou les haies mortes peuvent être utilisés. Malgré le reverdissement actuellement observé au Sahel, beaucoup de communautés rurales sont toujours à la merci des inondations causées par les sables mouvants ou dunes qui menacent routes, villages et même des centres urbains.

L’élevage est très important dans les zones arides et semi-arides. La plupart des paysans sont des éleveurs nomades. Il est important de développer une synergie entre élevage et agriculture. Malheureusement, les conflits entre les agriculteurs et les éleveurs nomades augmentent au fur et à mesure que les terres se raréfient. La gestion durable des terres dans les zones arides et semi-arides doit adopter une approche holistique qui inclut élevage et agriculture.

 

© 2015 VIE | Samita Konté