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Le bruit, une nuisance oubliée mais avec des conséquences graves sur la santé

29 Sept 2014
Categorie: Cartons rouges
Tag: PHP

 

 

Le bruit est une nuisance dont l’impact sanitaire est souvent négligé, sur une planète où la surpopulation nous resserre de plus en plus les uns contre les autres. L’Académie française de médecine a d’ailleurs publié un rapport en juin 2014 destiné à interpeller sur cette nuisance grave mais peu connue. Troubles du sommeil, anxiété, stress sont tous autant de symptômes souvent être liés au bruit.

 

Les nuisances sonores, particulièrement dans les zones urbaines, sont des agressions constantes auxquelles l’organisme réagit comme à toute autre agression. Or, la nuisance sonore étant monnaie courante en milieu urbain (klaxons, vie nocturne, travaux, voisinage etc.) cette stimulation épuise l’organisme et affaiblit ses mécanismes de défense
Il faut savoir que pour préserver notre santé, le maximum de décibels prévu par le Code de l’Environnement sénégalais est de 60 dans la journée et de 40 durant la nuit (article R.84). Or, 60 décibels équivaut à une fenêtre entrouverte sur la rue et 40 décibels à un bureau tranquille. Reste à déterminer sur quelle rue et dans quel bureau, car nos villes africaines ont souvent l’habitude d’être bien plus bruyantes que les villes européennes.

Santé et pollution sonore

Pourtant, le bruit handicape gravement la santé, à commencer par le sommeil, qui sera beaucoup moins réparateur s’il a lieu dans un contexte de plus de 45 décibels. Il a d’ailleurs des conséquences lourdes à long terme : irritabilité, anxiété, fatigue chronique, baisse de performance, déprime, accidents causés par une vigilance altérée etc. Or, le drame est que notre société ne cesse de s’étourdir : il est courant de voir un jeune avec un casque où le son est mis au maximum, d’en voir s’endormir avec de la musique ou un film, sans parler des concerts où les fans sont juchés sur les amplificateurs etc. Ces éléments sont tous des facteurs de fatigue pour le corps, avec des conséquences néfastes puisque la plupart perdent de l’audition, sans même s’en rendre compte (et l’audition perdue ne peut jamais être récupérée).
Le bruit est également un accélérateur de fréquence cardiaque, pouvant entraîner des désordres cardiovasculaires (hypertension artérielle, infarctus etc.). Enfin, dans la mesure où chacun perçoit le bruit de différente manière (selon notre emploi, notre état de fatigue etc.), il peut être accélérateur de troubles mentaux, en tant qu’il favorise une certaine agressivité, a un impact sur la concentration et même sur l’apprentissage scolaire.
Si en Europe la réglementation sur les bruits de voisinage est très détaillée, on ne peut que déplorer que nos pays africains ne soient pas sensibilisés à de tels enjeux. Si certaines normes existent pour réguler le niveau sonore public et privé, elles sont loin d’être appliquées, dans une société où il n’est pas coutume de se préoccuper de ses voisins lorsque l’on organise une fête jusqu’à l’aube.

Pollution sonore au travail

Au regard des conséquences graves sur la santé des travailleurs, il est évident qu’une maîtrise du bruit au niveau de l’entreprise augmente la sécurité. La réduction du bruit offre également un meilleur cadre de travail et pacifie les relations avec le voisinage car il est aujourd’hui source de conflit. En effet, les garagistes, métallurgistes, menuisiers, généralement installés dans les quartiers, sont souvent en conflit avec le voisinage et sont souvent obligés de suspendre leurs activités à certaines heures pour permettre aux populations de « retrouver » leur quiétude.
Des études ont également montré que la réduction du bruit entraine une plus grande longévité des machines du fait de la réduction des vibrations. L’enjeu pour toute entreprise est donc la réduction maximale du bruit afin de préserver la santé du travailleur, de préserver les outils de travail et  d’être acceptée par les populations.
Les entreprises devraient donc effectuer ce qu’on appelle une « cartographie du bruit » afin d’analyser les sources actuelles et potentielles de pollution sonores, pour prendre les mesures nécessaires.