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Projet d'amélioration des ...
 

Projet d'amélioration des situations sanitaires et environnementales du village de Nguèye Nguèye (Diourbel)

25 Fev 2016
Categorie: Consommer local
Tag: PHP

 

 

 

Le village de Ngueye-Ngueye est l’un des plus gros villages de la communauté rurale de Ngoye. Avec 2300 habitants répartis en 166 ménages, Ngueye-Ngueye connait une forte concentration de populations. Du fait du manque de latrines dans les concessions, les populations du dit village sont obligées d’utiliser l’environnement immédiat du village pour leurs besoins biologiques. Ce qui engendre des problèmes sanitaires et environnementaux.


Eau et assainissement

Le village de Ngueye-Ngueye compte six puits traditionnels (environ 25 m de profondeur) et il est connecté au forage de Ngoye (eau saumâtre, 730 m de profondeur, débit de 30 m3/heure, gérée par une ASUFOR). Il existe 5 bornes fontaines et 21 branchements privés.

A ce jour, il n’y a pas de plan local en hydraulique et en assainissement (PLHA) de la zone. Notons qu’à la lecture des chiffres avancés lors de la dernière revue régionale du PEPAM à Diourbel, le taux d’accès à l’assainissement rural dans la région tourne autour de 30%, un taux qui est encore loin des 63% fixés pour l’atteinte des objectifs du millénaire pour le développement (OMD).

Au niveau des 166 parcelles déjà habitées ou en chantier, il n’existe que 14 latrines familiales tous modèles confondus. Compte tenu de cette situation, il était nécessaire de construire une toilette pour chacun des 152 ménages qui sont dans leur parcelle et qui ne sont pas équipés de latrines adéquates.

 

Assainissement solide

Concernant la gestion des ordures ménagères, dans l’ancienne méthode d’habitat, il existait des dépotoirs d’ordures ménagères entre les concessions. Mais après les opérations de parcellisation certains dépotoirs d’ordures ménagères sauvages se sont retrouvés dans des parcelles d’habitation et d’autres dans les rues.

 

Santé

Par ailleurs, 60 à 70% des cas de consultations sont liés à une mauvaise gestion des ordures ménagères et au manque d’assainissement dans cette localité. En effet, les maladies telles que les dermatoses, la bilharziose, la dysenterie, des maladies diarrhéiques qui, sont les maladies les plus fréquentes, sont les effets du manque d’hygiène.

Tableau récapitulatif des consultations médicales des habitants de Ngueye Ngueye (poste de Santé de Ngoye, année 2011) :

 

Total

Janv.

Fév.

Mars

Avril

Mai

Juin

Juil.

Août

Sept.

Oct.

Nov.

Déc.

Infections respiratoires aigues

 156

34

  4

20

12

13

14

17

18

7

  9

 4

 4

Maladies diarrhéiques

 142

13

25

13

10

  7

13

10

  9

17

13

 8

 4

Dysenterie

  87

16

  7

  9

  4

  8

  3

  2

  7

12

  9

 2

 8

Paludisme

   5

  1

  1

  0

  0

  0

  0

  0

  0

0

  0

 2

 1

Taux de fréquentation moyen du poste de santé par les habitants de Ngueye Ngueye en 2011 : 17%.

Activités économiques

Le village de Ngueye-Ngueye rencontre plusieurs difficultés :

  • le manque de latrines familiales dans les concessions du village (14 tous modèles confondus sur 166 habitations) fait que la plupart des personnes défèquent dans la nature;
  • l’insalubrité dans les concessions et dans les rues : multiplication des dépotoirs d’ordures ménagères sauvages dans le village occasionnant, surtout pendant l’hivernage, des maladies du fait du ruissellement des eaux usées vers les concessions et autour des puits;
  • la limitation des prérogatives du comité de salubrité du village;
  • le manque d’activité économique qui entraine l’exode des femmes et des jeunes.

Ce projet avait pour vocation d’expérimenter des techniques innovantes en assainissement solide et liquide dans la région de Diourbel et de contribuer aux efforts nationaux en direction de l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD).

Il propose notamment de :

  • construire des latrines adaptées à la situation socio-économique du village;
  • expérimenter dans cinq concessions du village un système de Biogaz domestique;
  • sensibiliser les populations aux questions d’hygiène, de santé et d’environnement;
  • supprimer les dépotoirs sauvages d’ordures ménagères;
  • valoriser les déchets liquides et solides : formation, création d’activités et expérimentation en partenariat avec les laboratoires de recherche universitaire;
  • mettre en place un comité de salubrité structuré et un GIE en charge du volet économique de l’activité de recyclage.

 

Identification des bénéficiaires (directs et indirects)

Les bénéficiaires directes du projet sont les :

  • 152 ménages (soit près de 2 128 personnes) installés dans les parcelles d’habitation du village de Ngueye-Ngueye;
  • 419 membres (dont 128 hommes et 299 femmes) des différentes associations et GIE.

Les bénéficiaires indirectes du présent projet sont les populations, les autorités locales ainsi que les services techniques et le secteur de la recherche universitaire en environnement.

 

Réalisations

  • construction de 146 latrines,
  • 7 biogaz couplés à certaines latrines ont été expérimentés,
  • un plan de gestion des ordures ménagères a été mis en place. Ce plan prend en charge la collecte avec un tri sélectif des déchets et la valorisation des déchets. Pour cela, toutes les femmes des ménages ont été formées dans la gestion des déchets, sur les risques et dangers dans cette gestion, le port des Equipements de Protection Individuelle (EPI),
  • le développement de l’agriculture maraichère,
  • le ralentissement de l’exode rural des jeunes par leur implication dans le projet.

 

Résultats obtenus

  • les populations ne vont plus déféquer dans la nature,
  • les maladies dues au manque d’assainissement sont en net recul,
  • les femmes, grâce à des gazinières installées dans leur cuisine et du fait de la disponibilité du gaz provenant des biodigesteurs, voient la pénibilité des taches ménagères réduite. En effet, elles ne font plus des kilomètres pour chercher du bois, elles ne souffrent plus de la fumée par la cuisson aux bois de chauffe, elles disposent de plus de temps pour des activités annexes pouvant leur rapporter des revenus (couture, vente, …),
  • le digestat provenant des biodigesteurs qui, est le meilleur engrais existant, permet a l’association les Jambars, grâce à sa vente, de faire un chiffre d’affaire d’au moins un million de FCFA par an.


 

Pr Adams TIDJANI
Faculté des Sciences et Techniques/ UCAD
Fondateur de l’Institut des Métiers de l’Environnement et de la Métrologie
atidjani@ucad.sn