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Journée mondiale de l' ...
 

Journée Mondiale de l’Environnement : notre bien-être passe par l’environnement !

05 Jun, 2014
Categorie: Actualités
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La Journée Mondiale de l’Environnement 2014 est placée sous le signe de l’érosion côtière, de l’élévation du niveau de la mer et du risque de disparition de certaines terres. Le thème est fort bien choisi car tout récemment Thiaroye, Bargny, Rufisque, Gorée et même Dakar ont souffert de violentes avancées de la mer, qui ont causé d’importants dégâts aux habitations et coûté leurs embarcations à de nombreux pêcheurs. Cependant, les enjeux d’une célébration de la Journée Mondiale de l’Environnement pour nos pays africains vont bien au-delà de cette campagne mondiale qui a choisi pour slogan « Elevez votre voix, pas le niveau de la mer ! ».


Canal d'eau usée à Yoff

 

En effet le problème majeur de la protection de l’environnement en Afrique de l’Ouest (et particulièrement au Sénégal) vient d’un manque d’information et de communication. A titre d’exemple, le magazine VIE (Environnement-Afrique) a participé hier au festival FESTA2H dans le cadre de l’association AFRICULTURBAN et du projet PROPHECY soutenu par ECOFUND, où nous avons pu discuter environnement avec les jeunes de Pikine. Si les chanteurs, graffeurs et slameurs ont bien compris la plupart des enjeux environnementaux, ils ne savent pas où trouver des informations, pour comprendre pourquoi et comment protéger l’environnement, et ainsi mieux l’expliquer autour d’eux. En faisant la synthèse de nos discussions, nous nous rendons compte que les obstacles et enjeux relatifs à la protection de l’environnement en Afrique sont nombreux, mais que les clés de la réussite sont simples

Les jeunes nous expliquent d’abord que chez eux, environnement est synonyme de verdure, et donc ne représente pas un grand intérêt pour les sénégalais puisqu’ils imaginent que protéger l’environnement s’arrête à la protection des feuilles et des fleurs. Or, si les citoyens ne comprennent pas que l’environnement touche leur santé, leur bien-être et leur portefeuille, ils ne s’y intéresseront jamais. Si les habitants de Pikine ne comprennent pas que leurs maladies sont causées par des facteurs environnementaux, par exemple à cause des gaz d’échappement nocifs dus à la circulation, ils ne se sentiront jamais concernés par la protection de LEUR environnement, c’est-à-dire l’air qu’ils respirent, les rues où ils marchent, le quartier où ils vivent, l’eau qu’ils boivent, les aliments qu’ils mangent etc. L’environnement est un tout indissociable qui va d’un trou sur la route pouvant causer un accident, aux pesticides répandus sur les cultures, à la santé du travailleur de Mbeubeuss, en passant par le développement des produits locaux.

 

Les Puits de sel à Palmarin

 

Les jeunes nous expliquent ensuite que si certains citoyens sont conscients des enjeux environnementaux, leurs actions sont souvent réduites à néant par de mauvaises habitudes. Un des slameurs a par exemple pris le cas d’une femme qui, plutôt que de jeter ses détritus dans une poubelle située à 2 mètres d’elle, préfère les jeter par terre, par facilité. Il faut donc inciter à un changement des comportements, sans lequel la planète - c’est-à-dire nous tous - continuera à subir les affres de sa dégradation. Or, ce changement des comportements doit être suscité par une sensibilisation et une information constante des populations. Ce n’est que si la mère comprend que son enfant peut mourir du choléra qu’elle préfèrera déposer ses déchets et eaux usées dans des endroits prévus à cet effet ; ce n’est que si le pêcheur voit qu’il n’y a plus de poissons pour lui permettre de survivre qu’il enseignera le respect des ressources naturelles à ses enfants ; ce n’est que si le tourisme déserte le Sénégal que tous les artisans penseront à nettoyer les plages ; ce n’est que si nos maisons sont détruites par l’avancée de la mer que nous réfléchirons à la protection du littoral
Le constat est donc simple, l’avenir de la planète, l’avenir de nos enfants, notre santé, notre économie, dépend d’un changement des comportements à adopter à tous les niveaux, changement qui ne peut être incité sans une forte sensibilisation des populations. Nous en appelons donc aux pouvoirs publics pour informer les citoyens sur les enjeux de la protection de l’environnement, ce que cela signifie pour eux et les solutions qui peuvent être apportées. C’est également aux pouvoirs publics d’offrir aux citoyens les moyens de protéger l’environnement : à quoi bon un changement des comportements, s’il n’y a pas de poubelles publiques, s’il n’y a pas de stations d’épuration, s’il n’y a pas de traitement des déchets ?
C’est donc une action commune qu’il faut mener, sur le plan national par des politiques protectrices de l’environnement et sur le plan local par des mobilisations de citoyens, un refus d’insalubrité, une volonté de développement économique, un respect pour la terre nourricière et une conscience des dangers dans lesquels nous faisons vivre nos enfants.

VIE (Environnement-Afrique) ne cessera jamais de mener ce combat, car le lien entre développement du bien-être des populations et environnement est évident, nombreux sont les exemples, il faut simplement avoir le courage et la volonté d’élevez nos voix et d’agir !