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4ème édition
 

Green Talks 4ème édition : La gestion des ordures ménagères

01 Juin 2015
Categorie: Green Talks
Tag: PHP

 

 

Le quatrième « Green Talks » s’est tenu mercredi 27 mai 2015 autour de la thématique « La Gestion des Ordures Ménagères ».
Rappelons que les « Green Talks » ont été lancés par l’Institut des Métiers de l’Environnement et de la Métrologie (IMEM) en collaboration avec www.ecofund.org avec pour objectif de pouvoir entendre toutes les parties et de faire émerger des solutions qui impliquent tant le secteur privé, que les populations et les autorités publiques sur la problématique traitée.

Panélistes : - M. Ibrahima DIAGNE Directeur du PNGD - Mme Salimata WONE de l’Entente CADAK’CAR - M. Ndiaga NDIAYE (Expert commandité) - Représentants de la Mairie de Dakar et VEOLIA
Modérateur : Professeur Adams Tidjani

 

Ainsi, lors de ce Green Talks qui a vu la participation de l’Entente CADAK’CAR, du Programme National de Gestion des Déchets (PNGD) et d’un expert commandité, la problématique de la gestion des déchets ménagers a été adressée en présence d’un grand public.

Les débats ont débuté par un constat récurrent de la mauvaise gestion des déchets ménagers (dépotoirs, dépôts clandestins, manque de ramassage, etc.) à travers les différentes villes et collectivités du Sénégal en particulier au niveau de la ville de Dakar. Ceci reflète une mauvaise gestion avec de nombreuses conséquences et risques sur le plan de l’environnement, la santé et du cadre de vie.

Cette mauvaise gestion récurrente des ordures ménagères est en grande partie due au manque de stabilité du secteur. Cette instabilité est multiple puisqu’elle est d’ordre institutionnel : depuis une dizaine d’années les changements de personnes au sein du Ministère en charge des déchets, empêchent l’élaboration d’une stratégie sur le moyen-long terme et l’échange structurant avec les communautés locales.

Les agences ne capitalisent pas assez leurs acquis d’ordre technique : la gestion des déchets se limite à la collecte, au transport et à l’élimination au niveau de décharges provisoires. Il n’y a pas de valorisation des ordures ménagères du fait du manque d’infrastructures, pas de pérennité dans le système de subvention pour la ville de Dakar (bénéficiant d’un statut spécial) par l’Etat et les collectivités locales bénéficiant de la Taxe sur les Ordures Ménagères (TOM). Par conséquent les communes ne disposent pas de capacité d’autofinancement et de moyens techniques et financiers suffisants. Ces difficultés reflètent l’important problème du recouvrement de la TOM (seuls 1,9 milliard de Francs CFA soit près de 2,9 million EUR, sont recouvrés au Sénégal).

Cela s'explique par une fiscalité qui n’est pas déconcentrée au niveau des collectivités locales, de l’insuffisance des recettes et de la répartition inégale de la subvention de l’Etat destinée à la gestion des déchets.

D’ordre managérial, l’absence de cadre juridique a toujours favorisé les grèves récurrentes dans ce secteur. Aujourd’hui, il existe une convention collective qui permet de « sécuriser » les techniciens de surface dans leur travail (couverture médicale, retraite, sécurité sociale, …).

A l’issue des échanges, des suggestions et pistes de solution ont été proposées, entre autres:

  • la nécessité de réformer le cadre juridique pour une meilleure mise en œuvre de la gestion des déchets ménagers ; en effet il est urgent de revoir la règlementation qui date de 1974;
  • la reconsidération de la chaîne de taxation de la TOM
  • la création d’un système d’autofinancement pérenne de la gestion des déchets ménagers
  • la mise en place et la réglementation de la redevance (sans fondement juridique pour le moment) qui semble plus avantageuse que la taxe
  • la mise en place de mécanismes de calculs durables, efficaces et fiables de la redevance qui devront être légiférés et généralisés au niveau des collectivités locales pour inciter le citoyen à être redevable
  • étudier la faisabilité de la mise en place d’une écotaxe pour la valorisation des déchets
  • la prise en charge par l’Etat du Sénégal de la mise en place d’infrastructures au niveau des collectivités et par conséquent des quartiers
  • la mise en place d’une approche filière (triage de déchets) par la création de zones tampons réceptives afin d’éviter les décharges clandestines
  • l’appui technique aux collectivités locales à travers la formation sur les compétences (métiers des déchets) avec les parties prenantes
  • la sensibilisation, l’information et l’éducation des citoyens pour amener d’une part ces derniers à repenser à leur mode de production des déchets et d’autre part, penser à des solutions simples et basiques de valorisation (le recyclage dans une moindre mesure) des déchets pour une meilleure prise de conscience citoyenne
  • réhabiliter le service d’hygiène pour un retour des bonnes pratiques des citoyens
  • valoriser le travail de technicien de surface par une meilleure convention collective

En conclusion, nous pouvons déduire que par rapport à la problématique de la gestion des déchets:

  • il demeure impératif que le ministère de l’Environnement et les départements techniques concernés ainsi que les collectivités locales, les populations riveraines et les associations œuvrent pour une synergie dans leurs actions ; l’implication des citoyens à travers leurs représentants politiques locaux est déterminante pour pousser déjà à la révision du cadre légal obsolète et trop permissif par rapport à la situation actuelle (augmentation des déchets et faiblesse des mesures de traitement).
  • il est aussi nécessaire d’adapter des mesures fiscales incitatives permettant le tri efficace des déchets, leur valorisation et par conséquent leur meilleur recyclage;

Le débat a ainsi permis d’une part d’apporter aux participants une meilleure connaissance de la problématique de la gestion des déchets au Sénégal.

 

© 2015 VIE | par Nicolas Bassène