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2ème édition
 

2ème édition : La Baie de Hann, un ATOUT pas un EGOUT

01 Avril 2015
Categorie: Green Talks
Tag: PHP

 

 

Le second « Green Talks » s’est tenu le mercredi 25 mars 2015 autour de la thématique « La Baie de Hann, un ATOUT pas un EGOUT ».
Ainsi, lors de ce Green Talks qui a vu la participation de l’Office National de l’Assainissement (ONAS), de la Mairie de Hann Bel Air, du Bureau de Mise à Niveau des Entreprises (BMNE), de la Direction de l’Environnement et des Etablissements Classés (DEEC), de la société civile par la présence de l’association « Hann bay keeper », de la mairie de Hann Bel Air et des « Frères Guissé », la problématique de la dépollution de la baie de Hann a été adressée en présence d’un grand public.

 

Rappelons que la baie de Hann était la première baie sableuse du monde ; elle s’étend sur 13 km à partir du port autonome de Dakar (PAD), pour une population riveraine estimée à 500 000 habitants. Elle est la première zone industrielle de l’Afrique de l’ouest comprenant entre 70 à 80% du tissu industriel du Sénégal. La pollution de la baie de Hann a pour origines celles induites par les industriels et les populations riveraines elles-mêmes qui rejettent les déchets solides et liquides sur les rivages de la Baie de Hann mais aussi la pollution marine (déchets dérivants, algues marines en putréfaction, etc.) due aux courants marins se dirigeant vers la Baie. L’ONAS a également été interpelé sur le fait qu’il n’a pas de systèmes différenciés d’assainissement de la ville de Dakar sur la Baie de Hann.

 

Il est ressorti des interventions des panélistes que le projet de dépollution de la baie de Hann est sur la bonne voie car :

  • les sources/origines de pollution de la Baie de Hann sont connues et maîtrisées;
  • les industries en cause ont été recensées, que toutes les études de courantologie, de dispersion et de caractérisation des rejets industriels sur la Baie de Hann ont déjà été réalisées;
  • la problématique est aussi bien connue et maîtrisée par l’expertise nationale en particulier universitaire.

 

 

Par contre les problèmes qui risquent de plomber le projet ont été évoqués à savoir :

  • le défaut de communication et d’implication des populations riveraines, des collectivités locales et associations œuvrant à la recherche de solution de la pollution de la Baie de Hann, des autorités et départements techniques concernés par la problématique ;
  • l’absence de transfert des résultats de recherche de l’expertise nationale (on préfère faire appel à l’expertise étrangère au détriment de l’expertise locale) ;
  • le problème de canaux d’évacuation des eaux d’assainissement non différenciés et des canaux clandestins mis en place par les populations riveraines (comportements non adpatés) ;
  • les impacts négatifs sur le plan socio-économique (chômage des populations dont l’activité est liée à la mer, émigration clandestine, problèmes sanitaires, etc.).

 

 

A l’issue des échanges, des suggestions et pistes de solution ont été proposées et concernent entre autres :

  • l’implication de tous les acteurs concernés à savoir l’Etat du Sénégal (démembrements concernés) – Partenaires financiers – Populations riveraines – Collectivités locales – Associations – Industries pour une approche participative ;
  • la responsabilisation des populations riveraines ;
  • l’incitation et la démarche des industries à adhérer au Projet de dépollution de la Baie de Hann et les aider et les accompagner sur le plan technique et financier (appui à l’aide au financement) à mettre en place leur propre système de prétraitement de leurs eaux usées avant rejet dans le collecteur principal qui sera mis en place dans le cadre du dit projet et qui sera relié à la future station d’épuration avant rejet en mer par un émissaire de 3 km de long ;
  • la mise en place d’une prime d’incitation aux industries pour l’effectivité de réalisation d’unités de prétraitement des rejets dans la Baie ;
  • le respect des normes en vigueur au Sénégal et le suivi semestriel au niveau des industries d’un paramètre de pollution appelé la Charge Polluante des eaux usées à partir de laquelle une taxe sur la charge polluante sera établie et qui contribuera aux charges de fonctionnement de la future station d’épuration qui sera construire dans le cadre de ce projet ;
  • le recours au transfert et à la vulgarisation des résultats de recherche de l’expertise nationale ;
  • le programme d’information, d’éducation et de communication (IEC) environnementales au sein des collectivités locales et des écoles dans le but d’inciter les populations locales à changer de comportement et surtout les futures générations sur l’apprentissage aux comportements à avoir.

 

 

Le débat a ainsi permis d’une part d’apporter aux participants une meilleure connaissance de la problématique de la pollution de la Baie de Hann et de son projet de dépollution et d’autre part de se rendre surtout compte de deux choses :

  • C’EST D’ABORD SA POPULATION RIVERAINE QUI FAIT DE LA BAIE DE HANN UN ATOUT
  • LA BAIE DE HANN EST UN ATOUT MAIS PAS UN EGOUT.

 

© 2015 VIE | par Nicolas Bassène