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La face cachée des marques

27 Mai 2015
Categorie: Actualités
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Un rapport de la FAO – l’Agence de l’Onu pour l’agriculture et l’alimentation – révèle qu’au moins 2,5 millions d’hectares de terres ont été achetés en Afrique par des Etats étrangers, des multinationales ou des fonds de pension, soit l’équivalent du territoire de la Belgique. En parallèle, depuis des décennies les plus puissantes entreprises du secteur agroalimentaire et des boissons s’appuient sur ces terres et sa main d’œuvre abondante et bon marché pour créer des produits peu coûteux et dégager des bénéfices colossaux.
Non soucieux de la préservation de l’environnement et des communautés locales, ces grandes multinationales continuent d’accumuler de grandes richesses avec la complicité de nos Etats.

"La face cachée des marques", c'est le titre du rapport qu'a publié l’ONG Oxfam et dans lequel elle dénonce la négligence dont font preuve dix géants mondiaux de l’agroalimentaire

 

Avec sa campagne « La Face cachée des marques » lancée en Février 2013 l’ONG britannique Oxfam avait publié un rapport dans lequel elle dénonçait la politique environnementale de dix géants mondiaux de l’agroalimentaire dont Coca-Cola, Danone, Kellogg’s, Mars, Nestlé, Pepsico et Unilever.

Ce rapport démontrait la négligence dont faisaient preuve ces « 10 géants » vis à vis des droits de leurs millions de fournisseurs dans les pays en développement et leur politique environnementale pour le moins inefficace. « Aucune de ces sociétés ne s’est dotée de politiques permettant de protéger les communautés locales contre les accaparements de terres et d’eau », indiquait ainsi le rapport relayé par l’AFP.

Voici les principaux constats du rapport "La face cachée des marques" :

  • Plusieurs des dix géants de l'agroalimentaire ont affirmé leur volonté de défendre les droits des femmes, mais aucun ne s'est engagé à mettre fin à la discrimination à l'égard des femmes dans leurs chaînes d'approvisionnement.
  • Aucune de ces sociétés ne s'est dotée de politiques permettant de protéger les communautés locales contre les accaparements de terres et d'eau. Pourtant, toutes achètent des matières premières – notamment huile de palme, soja et sucre – dont la production donne trop souvent lieu à des violations de droits fonciers. Aucun de ces groupes ne prône la tolérance zéro contre les accaparements de terres dans leurs chaînes d'approvisionnement.
  • Les dix sociétés restent excessivement opaques concernant leurs chaînes d'approvisionnement agricoles, ce qui rend leurs déclarations en matière de développement durable et de responsabilité sociale difficiles à vérifier. Nestlé et Unilever font preuve de la plus grande transparence quant aux pays dans lesquels elles s'approvisionnent. Cependant, aucune société ne fournit suffisamment d'informations sur ses fournisseurs.
  • Les dix sociétés étudiées réalisent en général des économies en eau, mais n'ont pour la plupart pas mis en place de politiques limitant leur incidence sur les sources d'eau locales. Seule Pepsi a publiquement reconnu l'eau comme un droit fondamental et s'est engagée à consulter les communautés locales. Nestlé a élaboré des directives sur la gestion de l'eau à l'intention de ses fournisseurs et se classe au premier rang pour ses politiques en la matière.
  • Toutes ces entreprises ont pris des mesures en vue de réduire leurs émissions directes de gaz à effet de serre, mais elles ne sont que cinq – Mondelez, Danone, Unilever, Coca-Cola et Mars – à rendre compte des émissions agricoles liées à leurs produits. Seule Unilever s'est engagée à réduire de moitié l'empreinte de ses émissions de gaz à effet de serre à l'horizon 2020. Aucune n'a encore adopté de politiques visant à aider les agriculteurs qui font partie de leurs chaînes d'approvisionnement à mieux résister aux changements climatiques.
  • Aucune ne s'est engagée publiquement à payer un prix décent aux agriculteurs ou à leur accorder des conditions commerciales plus justes. Seule Unilever – la mieux classée s'agissant des relations avec les paysans – a établi à l'intention de ses fournisseurs des directives précises qui permettent d'aborder certaines problèmes majeurs auxquels sont confrontés les agriculteurs.

 

Nestlé, Coca-Cola, Danone: l’OMG OXFAM dénonce la « face cachée des marques »

 

Résultat ?

« Plusieurs leaders du secteur ont fait de grands progrès dans l’amélioration de leurs politiques sur les droits fonciers, les droits des femmes et les émissions de CO2. De plus en plus d'entreprises s'impliquent d’avantage : alors qu'en 2013, 11% des entreprises n'avaient encore mis aucunes actions en place. Dans l’ensemble, les avancées de ces « 10 géants » demeurent cependant trop lentes, freinées par quelques entreprises qui restent à la traîne et ne manifestent pas un intérêt ou une ambition suffisante.»

Le Maroc est un bon exemple d’un stade moins primitif du développement des agro-industries, caractérisé par la présence d’activités industrielles d’aval plus avancées, mais où le principal moteur de la croissance reste l’emploi extra-agricole. Dans ce pays, l’existence d’une industrie de la conserverie bien développée (sauce tomate, conserves et jus de fruits) s’est traduite par des liaisons solides avec les secteurs non agricoles qui lui fournissent des intrants (produits chimiques, verre, aluminium et papier) ou qui dépendent de sa production pour leurs propres activités (services de commercialisation). On estime que l’industrie alimentaire marocaine n’achète que 70 pour cent de ses matières premières au secteur agricole et que son produit final, qui est vendu sur le marché local et, de plus en plus, à l’exportation, contient plus de 45 pour cent de produits non agricoles.

Les atteintes à l’environnement et les dangers qui résultent de la pollution agro-industrielle sont d’autant plus graves et plus immédiatement perçus que ces industries tendent à être concentrées en zone urbaine et périurbaine. Enfin, l’incidence de la production de déchets et de pollution dépend pour beaucoup de l’efficacité du cadre législatif et réglementaire mis en place pour protéger l’environnement. Les règlements antipollution peuvent non seulement réduire considérablement les émissions de résidus polluants, mais aussi inciter à utiliser ces résidus de façon rentable.

Toutefois, beaucoup de pays ne se sont pas encore dotés d’un cadre législatif et réglementaire suffisant pour protéger l’environnement ni de structures institutionnelles, juridiques et de contrôle pour appliquer efficacement les mesures antipollution.

© 2015 VIE | Par Penda Sarr (Src : Oxfam)