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Pour le Ministre ...
 

Sénégal : Vaste trafic de bois - 20.000 troncs découverts au sud du pays

11 Aout 2015
Categorie: Actualités
Tag: PHP

 

 

20 000 troncs de bois coupés frauduleusement ont été découverts sur 6 sites ces 5 derniers jours, en Casamance dans les zones de Sédhiou, Bignona et Ziguinchor (Sud du Sénégal), selon l’écologiste Haïdar El Ali, ancien ministre de l’Environnement.

"Il s’agit de troncs fraichement coupés de Dimb (Cordyla pinnata ) et de Venne (Pterocarpus Africanus / Erinaceus) , a précisé M. Ali, dans un communiqué, soulignant que le pillage des forêts sénégalaises "est un fléau qui prend de l’ampleur".

20.000 troncs de bois coupés frauduleusement ont été découverts sur 6 sites entre Kolda, Bignona, Sédhiou et Ziguinchor.
Src : APS

 

Les sites ont été découverts par des élus écologistes mobilisés par Haïdar El Ali. Sur le site de Saré Sidi, à 120 km au Nord de Ziguinchor, "plus de 3.000 troncs étaient stockés derrière le village". Le bois a été saisi par les autorités.

"La méthode utilisée par les trafiquants est de payer un permis de bois de chauffe et de transporter frauduleusement du bois de grume. Les troncs sont cachés en bas du camion recouverts d’une couche de bois de chauffe ou de bois brûlé", a indiqué l’ancien ministre.


Cette découverte intervient quelques jours seulement après la déclaration du chef de l’Etat sénégalais Macky Sall assimilant la coupe abusive de bois à "un phénomène insoutenable" et à une "activité de criminelle".

 

Le problème du bois illégal

Du bois peut être déclaré illégal quand il est coupé ou exploité en violation des lois du pays producteur. La légalité des papiers administratifs fournis par les exportateurs ou négociants de bois dans les pays forestiers ne peut pas être considérée comme acquise. C’est tout le problème du marché du bois, notamment tropical, extrêmement éclaté, avec de nombreux intermédiaires et étapes de transformation tout au long de la chaîne d’approvisionnement.

 

La forêt recule au nom de logiques financières indifférentes aux conséquences environnementales et sociales de cette déforestation.

 

L’exploitation de bois illégal est un problème global, environnemental et social majeur. C’est la première étape de la déforestation.
L’exploitation du bois nécessite de fragmenter les forêts denses, souvent encore préservées (paysages de forêts intactes) en y traçant de larges routes pour y acheminer matériel, machines et main d’œuvre avant d’en extraire du bois de valeur. Elle se fait le plus souvent au détriment des communautés forestières qui ne reçoivent que quelques miettes des fruits de cette exploitation, quand elles ne sont pas victimes de violences ou d’abus.

 

L’exploitation du bois illégal peut être liée financièrement au crime organisé ou à des fraudes fiscales, et elle peut alimenter des guerres civiles ou des régimes dictatoriaux (ce fut le cas au Libéria, en Birmanie, République démocratique du Congo, etc.). Selon les estimations d’Interpol, entre 20 et 40% du bois importé en Europe est d’origine illégale.

 

Le trafic de bois entraine la déforestation. Et la déforestation à des conséquences lourdes sur le climat. 20 % des émissions mondiales des gaz à effet de serre sont imputables à la disparition des forêts.

 

© 2015 VIE | Par Keyser Sozé | Src : APS, Greenpeace