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Facebook change ...
 

Facebook change-t-il notre cerveau ?

18 Juin 2014
Categorie: Cartons rouges
Tag: PHP

 

 

Facebook a complètement changé notre façon de communiquer. Jusqu’à modifier le fonctionnement de notre cerveau, ce que révèlent les neurosciences …

 

1 personne sur 6 est utilisateur de Facebook dans le monde. En moins de 10 ans, ce réseau social a totalement modifié nos usages et notre façon d’interagir. Chaque personne consacre plusieurs heures par semaine à mettre à jour sa présentation, à maintenir des contacts avec des êtres chers ou observer la vie des autres. Quand plus d’un milliard de personnes basculent progressivement d’un mode relationnel (le face-à-face réel) à un mode virtuel modulable (images, symboles, liens), quel impact cela a-t-il sur le fonctionnement de notre cerveau ?

Les neurosciences indiquent qu’un cerveau ne peut pas gérer plus de 100 à 200 contacts en parallèle !

Les neuroscientifiques se sont donc intéressés aux effets des réseaux sociaux sur nos neurones. Des chercheurs de Berlin ont notamment constaté qu’une zone du cerveau est particulièrement active chez les utilisateurs assidus de Facebook, appelée le noyau accumbens. Cette zone fait partie d’un ensemble de neurones qui réagit aux plaisirs, qu’ils soient naturels (alimentaire par exemple) ou artificiels (liés au jeu par exemple). Le noyau accumbens est donc souvent impliqué dans les mécanismes d’addiction : une fois activé par des stimulations plaisantes (comme les bons résultats sur facebook), il demande de plus en pus de stimulations importantes.
Or, dans le cadre de l’utilisation de Facebook, cette zone se comporte comme un « comparateur social », c’est-à-dire que le cerveau analyse constamment si l’on a mieux réussi que les autres (avec le nombre de « like » sur une photo, son nombre d’amis facebook etc.). Ainsi, les recherches ont montré que les utilisateurs les plus assidus de Facebook ont un cerveau très sensible à la comparaison sociale et aiment se percevoir comme étant plus importants que les autres. Cependant, même un utilisateur ne recherchant pas de comparaison sociale pourrait voir cette facette se développer au fur et à mesure de ses connexions.

 

Le problème est que jamais le cerveau humain n’avait été confronté à une possibilité de socialisation instantanée et infinie à l’échelle de la planète. Ses capacités sociales vont-elles changer ? On entend parfois dire que les nouvelles générations seraient des « mutantes », que leur cerveau ne fonctionne pas comme celui de leurs prédécesseurs, que les usages contemporains sont caractérisés par la vitesse, la fluidité et le caractère souvent éphémère des relations sociales. Les travaux menés aujourd’hui sur le cerveau suggèrent plutôt que les capacités de socialisation de l’être humain ne sont pas décuplées avec Facebook, et que notre cerveau conserve à peu près le même besoin de passer du temps avec des amis stables, le nombre de ces amis n’étant pas extensible à l’infini. En effet, entretenir une relation sociable requiert de nombreuses capacités (mémoire, attention, émotions, écoute, empathie etc.) autant de tâches sollicitant nos ressources cérébrales, qui sont limitées.


La limite de Facebook est donc celle du contact physique, des intonations, et autres contacts fondamentaux à une relation. Les chercheurs estiment d’ailleurs qu’un contact physique équivaut à 1000 mots en moyenne… Ainsi, un médias social comme Facebook ne fait pas de nous des surhommes sociaux, mais il semble encourager la comparaison sociale, amplifiant la logique de la mise en avant de soi, de la concurrence des « ego » sur un marché où il s’agit de se montrer sous son meilleur jour, pour conjurer la crainte d’être rétrogradé. En ce sens, Facebook véhicule aussi bien une charge d’angoisse que du réconfort par des liens sociaux virtuels qu’il prodigue. Les futures générations se lasseront-elles de cette boulimie relationnelle ou seront-elles poussées vers toujours plus d’amis d’un jour, de likes et de posts ? Seul l’avenir nous le dira !

Source : Extraits de l’article de Sébastien Bohler, Revue bimestrielle « Cerveau et Psycho » n°62 mars-avril 2014.