------
Houle, marées et ...
 

Houle, marées et courants marins : La mer, Eldorado du renouvelable ?

10 Sept 2015
Tag: PHP

 

 

Imaginez la mer avec des dizaines de turbines géantes, flottant ou au fond de l’eau, captant l’énergie des courants, des marées et des vagues. Poissons, algues et coquillages évolueraient sans se soucier de ces machines de plusieurs centaines de tonnes, tandis que des câbles sous-marins approvisionneraient l’humanité en électricité. Une énergie propre, respectueuse de la nature et de ses contraintes. L’idée a de quoi séduire : Jules Verne l’imaginait déjà dans son ouvrage Vingt mille lieues sous les mers.

Le projet Floatgen ouvre la voie de l’éolien en mers profondes avec la première éolienne flottante testée au large des côtes françaises.

 

La mer, puissante ressource énergétique, peut-elle être domestiquée pour satisfaire les besoins des hommes ?

C’est ce à quoi rêvent plusieurs équipes de chercheurs, que les curieux pourront peut-être croiser au large du Croisic. Inauguré officiellement fin août 2015 et piloté par l’École centrale Nantes et le CNRS, il est le premier site français d’essai en mer. Raccordé au réseau électrique (puissance nominale de 8 MW), il permet d’effectuer des tests grandeur nature multitechnologies. Une opportunité inouïe que n’avaient pas les chercheurs en énergie marine des premières heures. Dès 2016, un prototype d’éolienne flottante d’une puissance de 2,3 MW sera installé sur le site.

 

L’énergie marine, un domaine en plein essor

L’intérêt pour l’énergie de la houle ne date pas d’hier. « On dénombre plus de 3 000 brevets déposés depuis le début du XXe siècle : cela atteste bien de la vitalité des recherches sur les énergies des vagues », souligne avec enthousiasme Aurélien Babarit, qui dirige l’équipe Énergies marines et océans (EMO) du LHEEA. Les chercheurs du LHEEA ont fait partie des pionniers de la récupération de l’énergie des vagues, dès la fin des années 1970. Parmi eux, Alain Clément a créé en 2003 avec son équipe le Système électrique autonome de récupération de l’énergie des vagues, SEAREV, dont le brevet fut déposé par le CNRS. Cette machine pouvait récupérer l’énergie de la houle grâce à une roue pendulaire et une génératrice à l’intérieur d’un flotteur clos, mais n’a pu atteindre le stade du prototype, faute de financeur industriel.

 

Vue d’artiste de la première génération de SEAREV, système électrique autonome de récupération de l’énergie des vagues (2003-2006).

 

Selon une étude d’EDF parue en 2012, les énergies renouvelables représentaient 4,6 % de la production électrique mondiale, dont seulement 0,01 % d’énergies marines. Mais, à l’horizon 2050, ces dernières pourraient occuper une place non négligeable dans un bouquet énergétique constitué à 30 % d’énergies renouvelables (solaire, photovoltaïque, éolienne). À condition de pouvoir les développer dans une optique commerciale.

 

Un enjeu de taille : rendre ces technologies compétitives

À ce jour, seule la technologie basée sur les éoliennes posées est assez mature industriellement. L’hydrolien est en phase de développement poussé tout comme l’éolien flottant. L’enjeu de la recherche actuelle est de réduire les coûts afin de permettre l’émergence d’un vrai marché des EMR », souligne Alain Dollet, directeur adjoint scientifique de la cellule « Énergie » de l’Institut des sciences de l’ingénierie et des systèmes (Insis) du CNRS.

 

Sabella D10 est la première hydrolienne raccordée au réseau électrique français. Elle a été posée dans le passage du Fromveur, un courant marin proche de l’île d’Ouessant, pour alimenter celle-ci en électricité.

 

Or, pour comprendre comment réduire les coûts, il faut expérimenter. C’est ce à quoi se consacrent les équipes du LHEEA. Ce pôle d’expertise sur l’hydrodynamique, le génie océanique et les EMR, qui est constitué de 120 personnes dont cinq équipes de recherche, dispose d’importants moyens d’expérimentation. « Le cœur de notre métier est l’hydrodynamique en secteur marin. Nous cherchons à répondre aux questions posées par les industriels, tout en développant des recherches amont basées sur la simulation numérique ainsi que l’expérimentation sur des modèles réduits en bassin d’essai, ou en site naturel sur des prototypes à l’échelle 1 », souligne Pierre Ferrant, directeur du laboratoire.

 

 

Src: lejournal.cnrs.fr