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Contrôle chimique des eaux de table au Sénégal

12 Avr 2017
Categorie: Actualités
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L'eau est l'élément le plus important du corps humain car, quel que soit l'âge, cet élément représente plus de 50% du poids. Suivant l'âge, la proportion d'eau dans le corps varie. A la naissance, elle est de 75%, à l'âge adulte de 65% et pour une personne âgée de 55%.

Pour des raisons diverses tenant au goût de l'eau du robinet, à la suspicion vis-à-vis de sa qualité, mais aussi à la mode et aux effets d'un marketing subtil, les Sénégalais ont, de plus en plus, tendance à consommer les eaux conditionnées en bouteille, supposées être de qualité.

On peut affirmer aujourd’hui que les eaux de table se sont popularisées au Sénégal. Une superficie de plus en plus importante leur est réservée dans les grandes surfaces. Les eaux embouteillées sont également disponibles dans les boutiques de quartier.

 

L’eau est indispensable au bon fonctionnement de l’organisme. Un adulte en bonne santé doit absorber un litre à un litre et demi de liquide par jour, en plus de l’eau apportée par les aliments (fruits, légumes, produits laitiers, etc.). Pour satisfaire ces besoins, la meilleure boisson est l’eau.

L'eau du robinet est souvent « chargée », dégage une certaine odeur, et son apparence ne correspond pas toujours à ce qu’on devrait en attendre.

C'est pourquoi les Sénégalais se tournent de plus en plus vers les eaux conditionnées en bouteille, supposés être de qualité.

 

Quelle que soit leur origine, ces eaux sont tenues de respecter la réglementation en vigueur. Pour nous en assurer, des tests et des analyses ont été effectués sur les eaux embouteillées disponibles sur le marché avec comme objectifs :

  • de comparer les données figurant sur les conditionnements et les étiquettes des eaux de table aux normes sénégalaises (NS 05-034. Avril 1994),
  • de contrôler la conformité des étiquettes en comparant les résultats d’analyse aux teneurs d’étiquettes des marques étudiées. En effet, sur le plan éthique, il est fait obligation au producteur de se soumettre à l’étiquetage nutritionnel des éléments constitutifs de l’eau.
  • de caractériser les eaux de tables recensées,
  • de faire des propositions pour un meilleur contrôle des eaux de table.

 

Méthodologie : Echantillonnage et analyse

L’échantillonnage est fait sur toutes les marques disponibles sur le territoire sénégalais. Deux méthodes d’analyse ont été utilisées : la spectrophotométrie qui permet de doser et d’analyser différents éléments dans l’eau tels que le chlore, le fer, les sulfates, et le titrage volumétrique qui permet de déterminer les concentrations en calcium et en magnésium.

A partir de cette mesure, on peut en déduire la dureté. Signalons que par convention, la dureté est exprimée en degrés. La dureté la plus agréable au goût se situe entre 8 et 15°. Ensuite, il a été fait appel au Diagramme de Piper pour déterminer la famille chimique des eaux testées. La détermination des ions majeurs permet de savoir si l’eau testée est bicarbonatée, calcique, magnésique, etc.

 

Résultats

Teneurs d’étiquettes et indications sur les conditionnements
  • les eaux de source étudiées ont des teneurs d’étiquettes conformes aux normes sur le calcium, le magnésium et les sulfates. Par contre, pour 25 des eaux minérales testées, les normes OMS (Organisation Mondiale de la Santé) sont dépassées ;
  • 40% des eaux étudiées dépassent la norme en fluor ;
  • 64% des eaux minérales testées ont plus de 20 mg de silice par litre (notez qu’une eau minérale de bonne qualité n’en contient pas plus de 20 mg/litre)
  • Pour ce qui concerne la date de mise en bouteille, trois marques sur quatre ne la mentionnent pas
  • Quant à l’affichage du numéro de lot de la bouteille garantissant sa traçabilité, une marque sur quatre ne satisfait pas aux normes en vigueur.

 

Résultats d’analyses
  • Toutes les eaux sont nitratées avec des valeurs compatibles avec la santé humaine ;
  • Les eaux minérales analysées sont fluorées tandis que pour les eaux de source, la présence de fluor n’est pas indiquée ;
  • Une marque sur huit présente une teneur en fluor dépassant la norme OMS qui est de 1.5 mg/litre ;
  • Une marque sur huit présente une teneur en sulfates dépassant la norme OMS qui est de 400 mg/litre ;
  • Parmi les eaux minérales suivies, trois sur quatre révèlent la présence de chlore, ce qui est en contradiction avec la norme sénégalaise qui exige d’une eau minérale qu’elle soit d’une pureté originelle et ne doit pas être désinfectée par du chlore ;
  • Toutes les eaux de tables sont phosphatées ;
  • Les analyses n’ont pas révélé la présence de fer sur les marques analysées, soit parce que cet élément en a été extirpé, ou encore, parce que ces eaux n’en contiennent pas dans leur fond géochimique.

 

Caractérisation chimique

Sur les 53 marques caractérisées, 20% sont globalement douces, 20% sont moyennement dures et 59% sont globalement dures. La plupart des eaux contiennent du bicarbonate. A cet élément, il faut ajouter du potassium pour certaines et du magnésium pour d’autres.

 

Recommandations

Ainsi, pour une meilleure protection de la santé humaine vis-à-vis de la consommation grandissante des eaux de table, il est recommandé :

  • de renforcer les textes législatifs et réglementaires sur les eaux de tables ;
  • de sensibiliser les importateurs et les gérants de magasins d’eaux de table sur la valeur sanitaire de leurs eaux ;
  • de sensibiliser les importateurs et les gérants de magasins d’eaux de table sur la valeur sanitaire de leurs eaux ;
  • d’entretenir une collaboration franche avec les sociétés de production d’eaux de table afin d’améliorer, le cas échéant, la qualité de leurs eaux ;
  • de procéder à des contrôles chimiques périodiques des eaux de table par une structure indépendante.

 

Assane SECK
Ingénieur du Service d’hygiène / Environnementaliste