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Les e-déchets, une catastrophe annoncée

04 Octobre 2016
Categorie: Cartons rouges
Tag: PHP

 

 

Le trafic des déchets se donne aujourd’hui un visage plus respectable mais les victimes pourraient bien être encore plus nombreuses. Quand on ne contrevient pas aux lois en vigueur, on essaye en effet de les contourner… Ainsi, au nom du recyclage, les pays occidentaux continuent d’envoyer aujourd’hui en Afrique et en Asie des déchets dont le traitement est jugé trop polluant ou trop peu rentable.

Les DEEE sont des déchets d’équipements électriques et électroniques, par exemple les produits d’électroménager, les ordinateurs, les congélateurs, etc.

 

On a tous en tête l’image des navires en fin de vie (tel « le Clémenceau ») faisant route vers l’Asie du Sud pour y être démantelés. Moins médiatisé, le «recyclage » de Déchets d’Equipements Electriques et Electroniques (mieux connus sous le sigle D3E) en Afrique du Sud, au Nigéria ou encore au Ghana est tout aussi dramatique.

 

A première vue pourtant, certains ont vu dans la réutilisation d’ordinateurs ou de téléphones portables en état de marche une manière de réduire le fossé numérique entre le Nord et le Sud. Une formule «gagnant - gagnant » permettant aux uns de se débarrasser de montagnes de déchets électroniques tandis que les autres, trop pauvres pour pouvoir acheter des équipements neufs réutilisent des vieux équipements, leur offrant ainsi une seconde vie.

Malheureusement, une enquête de l’ONG Basel Action Network au Nigeria contredit cette version : 75% des équipements informatiques d’occasion importés ne sont pas économiquement réparables ou revendables.

Et quand bien même ils le sont, ils arrivent en quantités sans commune mesure avec les besoins réels. Alors, après avoir été dépouillés pour en extraire les métaux précieux, ces équipements rejoignent des décharges non contrôlées où ils sont brûlés, émettant notamment dioxines, métaux lourds et composés organo-chlorés et contaminant ainsi l’air et le sous-sol. Au nom du recyclage, on aboutit ainsi précisément à l’opposé de ce que la communauté mondiale a cherché à interdire avec l’adoption de la Convention de Bâle.

 

Certes, ces dernières années, le paysage est en train de changer en Europe et des progrès importants ont été faits pour traiter au Nord les fameux DEEE. Mais tant que les gouvernements européens continueront à faire la sourde oreille, ces trafics vers l’Afrique risquent de subsister. Le problème vient d’abord d’un manque de moyens : sur 1100 cargaisons contrôlées en 2006 dans le cadre d’une enquête européenne, 50 % étaient illégales. De l’avis même de l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique (OCLAESP), un renforcement des inspections s’impose ainsi qu’une meilleure collaboration entre les services de police et de gendarmerie nationale à l’échelle de l’Europe.

 

 

Src: tlaxcala.es