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La FAO met la durabilité au menu du secteur alimentaire à plus forte croissance: la pêche

01 Fev 2016
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La mondialisation du secteur halieutique, portée en grande partie par la croissance rapide de l'aquaculture, soulève la nécessité complexe de meilleures règles et pratiques sur la traçabilité, les conditions du travail et la protection de la biodiversité ainsi que les préparations commerciales pour une évolution de la demande, des habitudes de consommation, les impacts du changement climatique, et l'essor rapide des supermarchés avec leurs chaînes d'approvisionnement.

Retour de pêche à Saint-louis, Sénégal © yannarthusbertrand2.org

 

«Le commerce de produits de la mer est bien plus important que l'on ne pense, à la fois en termes absolus et relatifs», a indiqué Audun Lem, Directeur adjoint de la Division des politiques et de l'économie de la pêche et de l'aquaculture de la FAO, et Secrétaire du sous-comité du commerce du poisson qui tient sa session biennale pour la première fois en Afrique.

 

On doit le dynamisme du secteur en grande partie à l'aquaculture, dont la production a plus que triplé pour s'établir à 78 millions de tonnes au cours des 20 dernières années, en faisant le secteur alimentaire à plus forte croissance.

 

Si la plupart des fermes aquicoles se trouvent en Asie, les taux les plus élevés ont été récemment observés en Afrique et en Amérique du Sud et Centrale, où sa contribution marginale à la sécurité alimentaire peut être supérieure précisément parce que la consommation de poisson par habitant dans ces régions émergentes est généralement faible.

 

Une des raisons pour lesquelles l'aquaculture a transformé la dynamique du secteur est que ses méthodes de production sont normalement moins saisonnières et fluctuantes que celles de la pêche de haute mer. Cela permet d'accéder plus facilement à l'assurance et au crédit – le saumon a désormais son marché à terme – et même à des solutions sur mesure comme assurer la fourniture de saumon plus gras adapté au fumage.

 

L'évolution de la répartition des infrastructures peut être bénéfique aux pêches de capture, confrontées à une plus forte pression pour adopter des pratiques durables – telles que de meilleures méthodes de manutention, la réduction des rejets et des déchets. Et les gouvernements du monde entier collaborent maintenant à la réduction et à l'élimination des operations de pêche illégale par le biais de meilleures règles et d'une meilleure application.

 

Globalement, les pêches de capture devront mieux cibler les exigences des consommateurs et créer de la valeur ajoutée en investissant les créneaux à marge plus élevée valorisant leurs qualités et leurs origines naturelles au lieu de vendre le poisson au hasard des prises. La FAO prévoit que les captures de poissons sauvages progresseront modérément en volume, tandis que leur part du marché destinée à la consommation humaine baissera à 38% en 2030.

 

Des changements dans l'assiette

Le menu évolue de mille façons, comme le fait que, pour la première fois de l'histoire, les expéditions de thon frais vers les États-Unis ont dépassé celles du Japon.

 

L'avenir du poisson sera vraisemblablement caractérisé par une modification de schémas séculaires, notamment à mesure que les pays en développement accroissent leur part d'importations mondiales. Et développent la production locale pour la demande intérieure.

 

Depuis 2013, le saumon et la truite ont remplacé les crevettes au premier rang des échanges en valeur. En 2014, le Vietnam a dépassé la Thaïlande au rang du troisième exportateur mondial de produits halieutiques, sous l'effet de l'internationalisation rapide du pangasius, un poisson blanc d'eau douce qui fait concurrence à des espèces marines telles que la morue, le merlu et le lieu noir. Parallèlement, le commerce de poulpes est en forte progression depuis quelques années, tandis que les ventes de calamars stagnent.

 

Src: fao.org