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L'Inde suffoque ...
 

L'Inde suffoque sous une canicule exceptionnelle et meurtrière

04 Juin 2015
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Depuis mi-mai 2015, l'Inde souffre d'une chaleur persistante avec des températures particulièrement élevées : les états du Sud mais aussi du Nord et de l'ouest de l'Inde connaissent une véritable canicule qui a déjà fait plus de 2 000 morts.

Canicule en Inde, mai 2015
© Piyal Adhikary / EPA

 

En Inde, chaque année, juste avant l'arrivée de la mousson, le pays connaît des températures élevées et les 40 degrés sont régulièrement dépassés. Mais cette fois-ci, le thermomètre dépasse allégrement les 45°C soit au moins 4 à 5 degrés au-dessus des normales, notamment dans les États du sud comme l'Andhra Pradesh ou le Télangana.

Voici quelques températures maximales relevées ces derniers jours :

  • 47,7°C à Allahabad (Uttar Pradesh) samedi 23 mai, proche du record de 48,3°C le 18 mai 2003.
  • 47,3°C à Vijayawada (Andhra Pradesh) dimanche 24 mai.
  • 46,9°C à Machilipatnam (Andhra Pradesh) dimanche 24 mai, et encore 46,4°C mardi 26 mai soit plus de 46°C pendant 5 jours d'affilée, avec des nuits à 30°C
  • 46,7°C à Kakinada (sur la côte de l'Andhra Pradesh) dimanche 24, battant les 46,6°C du 19 mai 2003
  • Plus au nord, à New Delhi, les 45,5°C ont été atteints lundi 25 mai et on a encore relevé 45°C mardi 26 mai (record mensuel de 47,3°C, 25 mai 1991)
  • 47°C à Daltonganj (Jharkhand) mercredi 27 mai : c'est la cinquième journée consécutive que la température maximale y dépasse 46°C
  • 48°C à Khammam le 24 mai 2015.

Une canicule meurtrière

Si l'Inde est habituée aux vagues de chaleur en mai, la canicule a déjà tué plus de 2 000 personnes, principalement dans l'Etat d'Andhra Pradesh. C'est bien plus que les précédents de 2002 et 2003 où des centaines de personnes étaient mortes.

Ce sont les personnes âgées et les travailleurs pauvres qui sont les premiers touchés : « ils ne peuvent pas rester à l'abri car il leur faut impérativement ramener de l'argent. Les ouvriers du BTP ou dans les usines souffrent énormément », indique Dev Prakash, directeur du programme régional indien de l'ONG Care India.

 

Il fait tellement chaud à New Delhi, capitale de l'Inde, que le bitume fond
Sanjeev Verma / Hindustan Times

 

Les hôpitaux sont submergés par des patients se plaignant de sévères maux de tête, de vertiges ou présentant des signes de délire. « Je suis médecin dans ce district depuis 40 ans et je n'ai jamais rien vu de tel, nombre de gens qui arrivent sont déjà décédés » confie ainsi à l'AFP J. V. Subbarao, médecin au Rajiv Gandhi Institute for Medical Sciences, dans l'Andhra Pradesh.

Des mesures insuffisantes pour la population

Si les autorités conseillent de ne pas sortir en journée et distribuent du thé et de l'eau, la population reste désarmée. Comme il fait trop chaud dans les habitations de fortune, des centaines de personnes préfèrent dormir dehors, sur les trottoirs ou sous des ponts, plutôt que dans des bâtiments préfabriqués devenus asphyxiants. The Hindustan Times rapporte le témoignage de Munir Ali, un ouvrier de 54 ans. Dès que sa journée se termine, à 17 heures, il se dépêche d'aller réserver une place le long d'un périphérique : "A 21 heures, toute la route est occupée par des gens. Bien qu'il y ait trois abris dans la zone, avec ces températures, il devient très difficile de dormir à l'intérieur des cabines en métal. C'est suffocant et il fait vite très chaud. Dormir dehors est une bien meilleure option."

Pour les 2/3 des indiens qui ont l'électricité, la climatisation est utilisée massivement mais l'offre est insuffisante pour répondre à ces pics de consommation, ce qui entraîne des coupures d'électricité pendant plusieurs heures pour des milliers de foyer.

Rappelons que l'Inde, qui compte près de 1,3 milliards d'habitants, une densité de population trois fois supérieure à la France et un développement humain (selon l'IDH) moyen (135e place en 2012) contre élevé pour la France (20e place), n'a pour autant pas atteint le bilan désastreux de la canicule de 2003 en Europe : 70 000 morts dont 20 000 en France.

 

Par Christophe Magdelaine / notre-planete.info