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La RDC peut-elle devenir le grenier de l’Afrique ?

21 Dec 2016
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La République démocratique du Congo est presque aussi grande que l’Europe de l’Ouest. Pourtant, seule une fraction de ses terres arables sont cultivées.

Une plantation de thé, dans la région du Nord-Kivu © DEAGOSTINI, GETTY IMAGES

 

Solange, 36 ans, subvient aux besoins de ses six enfants en vendant des cacahuètes dans les rues de Goma, en République démocratique du Congo. L’aller-retour lui prend trois heures, et elle revient souvent avec un panier encore plein.

 

« Nous avons la chance de posséder un petit bout de terrain autour de la maison qui nous permet de cultiver ces cacahuètes, explique-t-elle. Nous faisons aussi pousser du maïs et du manioc, mais c’est pour notre consommation personnelle. »

 

Solange fait partie de ces millions de petits agriculteurs congolais typiques de l’agriculture du pays. Ce secteur contribue pour 42,5 % de la production nationale et emploie une grande partie de la population. Pourtant, la RDC fait partie des pays les plus touchés par la faim selon l’Indice de la faim dans le monde. Il a aussi été victime du conflit le plus meurtrier du monde depuis la Seconde Guerre mondiale.

 

Un climat favorable

Malgré les effets dévastateurs de la guerre, ce pays aussi vaste que l’Europe de l’Ouest a un fort potentiel agricole. Et les enjeux sont de taille : les pays frontaliers (Malawi, Zimbabwe, Zambie et Angola) font face à la pire crise alimentaire depuis 1985. D’ici 2017, elle devrait affecter 50 millions d’individus.

 

Le réchauffement climatique va accentuer la récurrence des pénuries alimentaires, indiquent de nombreuses études. Même si le climat varié de la RDC pourrait légèrement en réduire les effets. « La RDC possède de vastes territoires, situés à la fois au nord et au sud de l’équateur. Toute l’année, le pays peut ainsi profiter de la saison des pluies. Contrairement aux autres pays d’Afriques, la RDC est le seul à être résilient au changement climatique », affirme Alexis Bonte, représentant du pays à l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

 

Aujourd’hui, seule une petite partie des terres arables du pays sont dédiées aux cultures. Plus de 800000 km2 de terres agricoles de premier choix ne sont pas utilisées. « La République démocratique du Congo a la capacité de nourrir plus de 2 milliards d’individus, assure Bonte. Elle pourrait nourrir tout le continent, même si le nombre d’habitants augmentait. »

 

L’obstacle des banques

Outre son potentiel agricole, le pays possède des forêts tropicales considérées comme les « poumons de l’Afrique ». Elles abritent plus de 10 000 variétés de plantes, dont certaines sont utilisées comme plantes médicinales par les populations. « Elles pourraient aider à élaborer de nouveaux remèdes et soigner les gents atteints de malnutrition », assure Alexis Bonte.

 

Alors, pourquoi les ressources du Congo sont-elles aussi peu exploitées ? « C’est l’un des grands problèmes de ce pays : les terres sont très vastes et variées, mais n’avons que très peu de données sur le sujet. Beaucoup de questions restent sans réponses », indique Sara Menker, P-DG de Gro Intelligence, une entreprise qui analyse les données de la productivité agricole mondiale.

 

Les agriculteurs peinent à décrocher des crédits et, s‘ils réunissent les conditions, on leur refuse souvent l’assurance qui va avec, déplore Sara Menker. Mais il y a de l’espoir. « Il existe des pays dans le monde, comme la Côte d’Ivoire, qui ont réussi à se libérer de la guerre civile et ont connu une croissance et un développement spectaculaires », ajoute Menker.

 

Le développement de l’agriculture en RDC ne pourra pas se faire sans paux et sans une certaine stabilité. Mais, même dans ce cas, il restera des défis à relever, comme celui des relations avec la Chine, qui poursuit sa politique d’expansion de ses terres agricoles en Afrique pour pouvoir nourrir son propre peuple.

 

 

Src: nationalgeographic.fr